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X.
Histoire deHenri IV.
Nouvellestrâhìfonsdans lesïrovincesU autresevénemens•
238 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
s’entretint familièrement avec eux, & leur donna des marques de l’affec*tìon la plus cordiale (a). , „
Henri laissa en grande partie au Marquis de Kolm ie íoin de faire justice.Deux Gentilhommes Provençaux, nommés Enquisses eurent la tête tran-chée pour avoir entrepris de livrer Narbonne aux Espagnols ; dix ou dou-ze aucres eurent le même fort (b). Dans le fond il parut qu’on avoit dé-couvert les Traîtres plutôt que le fond de la trahison ; les coupables ne pu-rent dire autre chose, que les raisons particulières qui les y a voient enga-gés ; les uns croioient que la Religion Catholique couroit risque; d’autresvouloient soutenir la Cause Protestante par les armes,- plusieurs avoientdessein de venger la mort du Maréchal de Biron. Un Forçat de Marseilledonna avis au Duc de Guise, que le Baron de Mairargues, Seigneur desplus qualifiés de Provence, qui devoit l’année suivante être élu Viguierou premier Magistrat de Marseille, s’étoit ouvert à lui du dessein de livrerla ville aux Espagnols. La qualité de l’accusé, & la condition de l’accusa-teur rendoient la chose peu vraisemblable, sur ces entrefaites on tint lesEtats dé Provence, & Mairargues fut député à la Cour pour présenterle Cahier. On veilla de près fur ses démarches & l’on s’apperçut bien-tôt qu’il avoit un fréquent commerce avec Zuniga, Ambassadeur d’Efpa-gne. Peu après on l'arrêta dans son logis, pendant qu’il étoit en gran-de conférence avec Bruneau, Secretaire de l'Ambassadeur; on trouva dansun des bas de Bruneau un Mémoire des services qu’on attendoit de Mai-rargues , qui fut décapité le 19 de Décembre, & son corps mis en quar-tiers (c). Le même jour, le Roi passant fur le Pont neuf, un hommeperça au travers des Gardes, le saisit par derrière , le renversa sur lacroupe de son cheval, & l’auroit tué dune bayonette qu’on trouva surlui, si dans ce moment ii n’avoit été saisi par des valets de pied. IIs’appelloit Jean de Listé; quand on l’interrogea, il dit qu’il étoit Roi detout le monde, & qu’il avoit voulu se défaire de Henri qui lui retenoitune partie de son Empire. On fit des informations, & il fut attesté quedepuis longtems i! étoit véritablement fou & furieux. Le Roi le fit en-fermer (d). Henri ôta les sceaux au Chancelier à cause de son grandâge, & les donna à M. de Silleri, ce qui ne fit nullement plaisir au bonhomme, qui ne put s’empêcher de dire, qu un Chancelier fans sceaux étoitun corps fans ame (f). L’envie extrême que le Roi avoit de payer sesdettes, engagea de Rosni à faire des recherches fur les rentes de l’Hotelde ville de Paris ; mais Miron Prévôt des Marchands s’y opposa si forte-ment, que le Roi jugea à-propos de laisser tomber cette affaire (/). II yeut cette année trois Papes, Clement VIII, qui mourut au mois de Mars,le Cardinal de Medicis, qui prit le nom de Léon Xi &ne vécut que vingt-cinq jours après son élection, & le Cardinal Borghesc, qui prit le nom dePaul V ; ce dernier n’étoit nullement désagréable au Roi qui depuis fa con-
(a) Le même, p. 163, 164. (d) Yerefixe Hist. de Henri le Grand P.
(b) Le même, p. iZ;. ' III. Daniel p 447.
(f) Le même, 1 . z. Daniel p. 445, 44§. {e Mèzeray I‘. Ví. p. 323.
(f) Le même, p. 324.