Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
239
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. ^

Version avoir de grands égards pour ia Cour de Rome ; si c’étoit par crain- Sbctiowte ou par respect, c’est ce qui n’eíi: pas décidé. _ x.-

Le Roi, déterminé à rétablir la tranquillité dans le Royaume , & à jjenrTiv*

éteindre cet esprit d’indépendance & de cabale, qui étoit la source de ses _'

chagrins & des troubles de l’Etat, résolut si sa santé le permettoit, étant Le Duc defort attaqué de la goutte, de marcher en personne à Sedan, pour fairesem Bouillon setir au Duc de Bouillon qu’il n’étoit que sujet. Comme il avoit dessein de^ 1 ® 1 ^donner le commandement de l’Armée, en cas qu i! ne put marcher en per- 1sonne, au Marquis de Rosni, il le créa Duc & Pair, en érigeant sa Terrede Sulli en Duché-Pairie, & il fut reçu au Parlement en cette qualité à lafin de Fevrier (a). D’abord après Henri déclara le dessein qu’il avoit detourner ses armes contre Sedan, & chargea Sulli de préparer l’équipaged’Artillerie nécessaire. II y avoit quatre ans que le Duc de Bouillon n’a-voit paru à la Cour, durant ce tems-là, il avoit formé des liaisons fortétroites avec plusieurs Princes d’Aliemagne, dont il se fiatoit que l’inter-ceíîion lui seroit utile auprès du Roi, mais ce Prince n’aiant pas vouluécouter fur cet article les Cantons Suisses, le Duc ne trouva pas moyend’engager d’autres Princes à s’entremettre en fa faveur. II ne manquoítpourtant pas de Médiateurs à la Cour, la Reine & Villeroi s’intéressoientpour lui. Quand le Roi à la tête de vingt - cinq mille hommes fut à deuxlieues de Sedan, le Duc demanda à traiter & l’affaire fut terminée le der-nier d’Avril {.b). Le Duc consentit que le Roi mit garnison dans Sedanpour quatre ans, & le Roi lui accorda J’abolition de tout le passé, dontî’acte devoir - être vérifié au Parlement (c). Auíîîtôt que le Traité fut signéle Duc vint rendre ses devoirs au Roi; ce Prince fit son entrée dans Sedan,y demeura trois jours, & revint triomphant à Paris. Le Duc de Bouillonle suivit peu après, & au grand étonnement de tout le monde fut non seu-lement bien reçu, mais rentra si bien en grâce , qu’au bout d’un moisHenri lui remit la ville & le Château de Sedan (d).

La Reine Marguerite porta devant le Parlement un procès contre le Procès dtComte d’Auvergne, qui étoit toujours prisonnier, pour le Comté d’Au- lavergue & quelques autres domaines, dont Henri III. lui avoit fait dona- Mntre^k**tion, les aiant hérités de la Reine Catherine de Medicis fa mère, à qui Comteils avoient été donnés par contrat de mariage avec Henri II. Mais Mar* d’Auver~guerite prétendoit que par le même contrat ces biens avoient été substitués ë™-aux filles, au défaut des mâles. Elle avoit déja un procès devant le Parle-ment de Toulouse pour le Comté de Lauragais, qui lui fut adjugé, & leParlement de Paris lui rendit aussi justice (<?). Cette Princesse aiant étémise en possession de ces domaines, elle en fit quelque tems après donationa u Dauphin; elle s’en réserva seulement susufruit, auquel elle renonça en-core depuis, pour une grosse pension qu’on lui assura (/).

’■!

• ili: . ' .

(<ï) Les mêmes.

(s) Daniel p. 453-if) Le même & Mezeray. - , ,

sir) Mem. de Sulli I. c. p. 210, 211.(í>) Mezeray 1 . c. p. 335-(c) Le même, Daniel p. 45a, Sulli«bi sup.