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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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X.

Histoire deHenri IV.

Le Roicourt risquede la vie.Ses nouvel-les galante-ries.

II accom-mode le Pape U lesVénitiens.Naissancedû Ducd’Orléans

&c.

1607.

240 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Au milieu de tant de prospérités & dans le tems que le Roi paroiíToítplus heureux que jamais, il pensa perdre la vie par un malheureux accident.Revenant de Saint - Germain, où il avoit été voir ses en fans, il avoit aveclui dans son carosse la Reine, les Ducs de Montpenfier & de Vendôme &la Princesse de Conti; les chevaux n’aiant pas bien enfilé le Bac deNeuilli,le carosse versa dans la riviere. Le Roi se sauva à la nage ; le Seigneurde la Châtaigneraie sauva la Reine, & les autres furent aussi secourus. Ceservice valut à la Châtaigneraie, outre un beau présent de pierreries quelui fit la Reine, la charge de Capitaine des Gardes de cette Princesse (a).On établit une nouvelle Chambre de Justice, pour rechercher les Finan-cières fur le crime de faux, qui avoit été excepté, lorsqu’ils avoient achetél’abolition du passé. Ces Chambres furent la honte du régné de Henri &celle de son Ministre, les plus riches, qui étoient les plus coupables, fe ra-chetèrent en payant six - cens mille écus, & ils s’en remboursèrent au dou-ble par les taxes qu’ils mirent fur les subalternes ( b ). La Marquise de Ver-neuil étoit mieux que jamais avec le Roi, quoiqu’il eût une nouvelle Maî-tresse, à laquelle il donna le titre de Comtesse de Motet. Sa foiblesse àcet égard lui fit grand tort, & l’empêcha d'avoir cette autorité absolue,qu’il auroit acquise lans cela par ses grandes qualités; car celui qui ne faitpas être maître de lui - même est rarement bien obéi.

Le Pape Paul V. s’étant brouillé avec la République de Venise, l’ex-communia sans grand sujet. Le Roi envoya le Cardinal de Joyeuse à Ro-me pour accommoder les différends, en quoi il réussit heureusement à lasatisfaction du Roi. La naissance du Duc d’Orléans le 16 d’Avril (c), futun grand sujet de joie pour Henri, comme cela assuroit davantage la suc-cession, il fe flatoit que cela contribueroit à son repos & à fa fureté, &que les Espagnols auroient moins d’envie d’ìntriguer, en volant fa familleaugmenter. Cet événement le délivroit encore d’autres inquiétudes, & ledispensoit de dissimuler autant avec les Princes du Sang , dont aucun n’é-toit fort en faveur. Le Prince de Conti qui étoit l’aîné avoit peu de génie& étoit sourd. Le Prince de Condé son neveu, qu’on avoit regardé com-me rhéritier présomptif de la Couronne jufqu’à la naissance du Dauphin,étoit jeune & étourdi. Le Comte de Solfions, frere du Prince de Conti,ne manquoit pas de capacité, mais il avoit une efpece de gravité Espagnole& étoit si entêté de sà naissance, que le Roi qui étoit d’une humeur toutedifférente, ne faima jamais, quoique ce Prince lui eut rendu des services(d). Les disputes dans le Conseil étoient quelquefois fort vives : SilleriGarde des sceaux & Villeroi étoient toujours d'un avis, & Sulli d'un autre,ce dernier regardait les deux autres comme des créatures de la Cour deRome, L comme des gens qui ri’étoient pas fort ennemis des Espagnols.D’autre part, ils instruisaient quelquefois le Roi des murmures du peu-ple contre les impôts, & ils n’étoient nullement favorables aux projetsde Sulli de saigner les Financiers, ainsi qu’il fesoit presque tous les ans.

Ce

(a) Les mêmes.

{b) Mezeray p. Z 40.

(c) Mem. de Sulli 1 . c. p. 330 & al.id) Carew's Relat. of the Court of France*