HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. Hî
ce qui n’empêcha pas que plusieurs d’entre eux, après plusieurs saignées, Sectionne laissassent en mourant des biens immenses ; ce qui prouve jusques à x,quel point le pauvre peuple devoir avoir souffert, puisque le Roi avoir de
dans son épargne plus d’argent qu'aucun de ses prédécesseurs (a). Cette e n ^année les Réformés tinrent un Synode à la Rochelle , où le Duc deSulli rendit beaucoup de service au Roi ; car, bien que plusieurs d’entreeux crussent que ce Seigneur n’étoit pas assez zélé pour leur Parti, ilsentendoient rarement ses jultisications fans être persuadés, sachant qu’iletoit fort haï des zélateurs du Parti Catholique, & par les restes de íaFaction Espagnole ( b ), qui n’avoient alors que trop de crédit à la Cour.
Au mois de Juillet, Je Roi publia un Edit, par lequel il unit à la Cou- Edit perle-ronne tous ses Etats patrimoniaux, à la réserve de la Principauté de Béarn l uel „ il mît(c). II avoit eu dessein une fois de les donner à fa sœur, mais le Proc U'^imon/Juxreur - Général s’étoit opposé à l'Edit, comme contraire à l’intérêt de la à la 'cou.couronne; la mort de la Princesse termina le différend. rome.
Les affaires des Pays-Bas lui donnerent beaucoup d’embarras; car mal- Affaires dagré les secours continuels qu’il avoit donnés aux Etats , ils déclarèrent Pays-Bas,qu’ils n’étoient plus en situation de pouvoir continuer la guerre. D’autrepart il ne convenoit pas aux vues de Henri dans cette conjoncture qu’ilsfissent la paix. On fit quelques propositions de mettre les Etats sous laprotection de la France, de façon, qui fit croire aux Politiques de Hol-lande, que c’étoit à quoi l’on visoit. Les plus judicieux penfoient autre-ment ; ils se souvcnoient que dans leur plus grande détresse, la Reine Eli-sabeth les avoit sécourus d’hommes & d’argent, en refusant la Souveraine-té de leurs Provinces qu’on lui avoit offerte. Ils consideroient une grandepartie des secours qu’ils recevoient de France, comme fournis réellementpar l'Angleterre, en vertu du Traité que Henri avoit fait avec Jaques I. ;se rappellant aussi les secours qu’ils avoient donnés au Roi du teins de laLigue, ils trouvoient qu’il y avoit quelque chose d’intéressé dans cesnouvelles propositions (d). Ils pensèrent donc sérieusement à traiter avecles Archiducs, mais en qualité de peuples libres ; nous verrons plus basqu’elle part le Roi prit à cette négociation.
II s’occupoit alors à établir deux Manufactures, une de Tapisseries pour Mannfwlaquelle ri fit venir des ouvriers des Pays- Bas Espagnols,& une de Toiles *'«■ établies.dont les principaux ouvriers venoient des Provinces - Unies. II leur don-na des gages & de bons établissemens à tous (e). Le Duc de Sulli avouefranchement qu’il étoit mauvais connoisseur en tout cela, qu’il le croioit enquelque façon inutile, & d’un prix excessif, & qu’il le manda au Roi, quil’avoit chargé d’examiner piece après piece un ameublement complet au-quel il fesoit travailler. Henri à l’ordinaire ne fut pas de son avis, &après avoir vu le meuble, il écrivit à Sulli, qu’il n’avoit vu de fa vie de sibelle marchandise, ni à si bon marché (/). Les Etrangers de son tems (g)
(a) Le même, Daniel, Mezeray.
(b) Mein. ( j e Suiìi T. VI. p. 342 & suiv.
(c) Daniel d. 4 ? ì,
(d/ Suil. p- Z67 & suiv, fftnwwl X. II-
'i otite âáXI.
(e) Mem. 6e Sulli l. c. p. 426.(/) Le même, p. 427.
(gj Carov ubi sup.
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