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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. S43

les projets du Roi, & l’acquit des dettes de la Couronne ne permettoient Sjscticnpas faire la dépense. , x.

Le 25 d’Avril, Ja Reine mit au monde un troisième fils,à qui on don- **W oí / e *na le titre de Duc d’Anjou ( a ), mais après la mort de son frere on enrt Iv ^l’appella Duc d’Orléans. Un peu auparavant étoit mort Henri de Bour- Naissancebon Duc de Montpensier, qui avoit épousé l’Héritiere de la Maison de à Ducjoyeuse; il ne laissa qu’une fille , qui épousa depuis le Duc d’Orléans. f Ar ji au &Le Roi Catholique, sous prétexte d’envoyer un Ambassadeur en Allema- fcï^Espa-gne, ordonna à D. Pedre de Tolede de passer en France, & de faire g mls.quelques propositions au Roi. C’étoit un double mariage, du Dauphinavec l’Infante d'Espagne, & d’une fille de France avec le Prince des Astu-ries, on soupçonna auílì qu’il parla d’une Ligue entre les deux Couronnes,pour contraindre les Protestans à se faire Catholiques ou à quitter le Royau-me. IIy avoit dans le Conseil de France un Parti, qui goutoit ces projets,

& l’on croit que le double mariage plaisoit fort à la Reine ; mais Henri &ceux qui avoient fa confiance n’y voulurent point entendre (â). La véritéest que Henri n’étoit pas tranquille, quand il étoit à Paris, appréhendantfort, & non fans raison, les intrigues des Espagnols. Ce qui augmentoicses craintes, c’étoient des bruits qui couroient de complots Sc de conspira-tions contre fa personne, ce qui alla si loin qu’il y eut quelques personnesexécutées pour avoir voulu le faire mourir par art magique. A la fin DonPedre partit & retourna en Espagne, ce qui prouve clairement que les af-faires dont il étoit chargé, quelles quelles fussent, étoient en France ànon en Allemagne (c).

Les chagrins domestiques du Roi augmentoient plus qu’ils ne dimi- Chagrinsnuoient ; quelquefois la Marquise de Vernueil étoit en auffi grande faveur domestiquesque jamais, ce que la Reine souffrait fort impatiemment, & quand elle du Roi ’étoit moins dans les bonnes grâces, cette Princesse etoit plus chagrine en-core, parceque le Roi lui fesoit alors davantage de caresses. Ce Princequi pardonnoit aisément le tort que ceux de la Maison de Lorraine avoientfait à la Couronne, & les insultes qu’il en avoit reçues, perdoit patiencequand ils se mêloient de ses amours, & témoignoit un ressentiment égale-ment contraire à son caractère & à fa dignité (d). Cette conduite du Roine pouvoit manquer d’influer fur fa Cour cL fur ses sujets; auílì leursmœurs devinrent - elles de plus en plus corrompues, principalement parson exemple; la fureur du jeu étoit plus grande que jamais; les personnesde tout ordre portoient la débauche au delà de toute expression; les duelsétoient auísi fréquens qu’ils l’avoient jamais été ; enfin la superstition <Sc1 Athéisme obscurcissoient 1a Religion, i el est le portrait que tracent les'Historiens du tems (<?). II falloit le placer ici, parceque nous viendronsbientôt à des événemens, qui, vu ce que nous venons de dire, paraîtrontnaturels, & dont on ne pourrait fans cela rendre de raison.

(a) Daniel p. 51 x Mera. pour servir à (c) Persfixe, Chalans .

U-Iist. dc France I Ii. p. 250. (d Voy. ouili.

(b) Mezaray p. 36g, Me m. de Sulli 1 . c. (e, Matthieu, MezeraxiP- 170.

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