HISTOIRE DE FRANCE, Liv. XXIII. Hs
ment sentir ; enforte qu’en plusieurs Provinces le peuple étoit entierement Sectionhors d’e'tat de payer les Tailles, & fur les requêtes présentées pour obtenir *■du soulagement, le Roi écrivit lui-méme à Sulli; „ Dieu m’a donné mes Henrî Ir iv e
„ sujets pour les conserver comme mes enfans; que mon Conseil les traite-
„ avec charité. Les aumônes font très-agréables à Dieu, particulièrement„ en cet accident; j’en sentirois ma conscience chargée: qu’on les soulage„ de tour ce qu’on jugera que je le pourrai faire («)”. Nous trouvons dausl’ouvrage d’un Historien curieux (b) de ce terns-ià, que les revenus decette année montoient à seize millions.
Au commencement de Tannée 1609 il se fit deux mariages que le Roi Nouveauxavoit fort à cœur. Le premier étoit celui du Duc de Vendôme, son fils chagrinsnaturel avec la fille du feu Duc de Mercosur ; ce mariage étoit arrêté î«’*l àrrsdepuis longtems, mais la Duchesse Douairière avoit toujours travaillé à re ‘ 6Tempêcher, & avoit porté les choses si loin, que le Roi étoit fort ern- 1 ° 9 'barrassé. A la fin le P. Cotton Jésuite , son Confesseur trouva moyend’accommodc-r tout, le mariage fut célébré avec grande pompe, & peuaprès les nouveaux mariés partirent pour la Bretagne, dont le Duc étoitGouverneur. L’autre mariage fut celui du Prince de Condé, avec la filledu Connétable de Montmorenci, dont nous n’aurions pas parlé, s’il n’avoicété la source de plusieurs autres événemens que nous ne pouvons passer foussilence (c). La Princesse avoit été promise à Bassompiere &le Princede Condé sur le point d’épouser la fille du Duc de Mayenne ; le Roi rom-pit ces deux mariages & fit celui dont nous parlons ; il donna des marquessi frappantes de faveur à la jeune Princesse , que les Courtisans les moinsclairvoyans soupçonnèrent qu’il y avoit quelque chose de plus. Bientôt celavint aux oreilles de la Reine, ce qui exposa le Roi aux reproches les plusviolens de la part de cette Princesse, comme aux railleries de la Marquisede Vernueil (d). Nous ne les rapporterons point, pareeque nous réécrivonspoint l’Histoire d'une avanture galante, mais que nous indiquons au Lec-teur les véritables causes de quelques événemens aussi grands que terribles.
Mais avant que d’entrer dans ce détail, il faut reprendre le récit des négo-ciations en Hollande, fous la médiation de Henri, qui furent conduitesavec autant d’habileté que de íìiccès.
On a vu plus haut que le Roi après s’être opposé à la paix, avoit tra- Trêve entreVaille à la procurer. II avoit ses raisons pour Tun & pour l’autre. 8i les les Etats.Etats avoient continué vigoureusement la guerre, & lavoient conduite se- g e j l ^auxIon ses vues, cela ce seroit accordé parfaitement avec ses intérêts ; maisquand il vit que Barnevclt, qui étoit Toracle des Etats, & que le puissantParti dont il étoit le chef, avoient beaucoup de penchant pour la paix, ilprit d’autres mesures, & ne pouvant faire continuer la guerre à son gré,il envoya des Ministres pour ménager la paix ; ils fe conduisirent avec au-tant de prudence que de dignité, Òc voiant qu’ils ne pouvoient réussir, ilsprirent un autre tour, négocièrent une trêve de douze ans, qu’ils firent
(a) Sulli p. 92. CO Mezeray p. 371, 37a. Daniel p. 512.
(6 Mem. pour servir à l’Hist. de France {cl) Mein. de Sulli p. 163 & alibi.
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