HISTOTRE DE FRANCE. Liv. XXIII. H?
ûvoit ses Agens à la Cour d’Efpagne, 8c que l’AmbaíTadeur du Duc de Section
Florence écoit aussi bien ou mieux instruit de ce qui se passoit dans le X-
Cabinet de 8. M. T. C. que l’Ambassadeur qui repréfentoit fa personne,
Quand Henri en fut informé, car cela ne pût lui être longtems caché,-*
il y fut extrêmement sensible, fur tout quand il s’apperçut de T effet quecela fefoit fur ses sujets, & qu’un Jésuite qui prêchoit devant lui, fousprétexte de réfuter l’article que tenoient plusieurs Protestans que le Papeétoit f Antéchrist , eut l’insolence de l’aposírop her en chaire, 8c de luidire, „ S’il est vrai, Sire, que le Pape soit l’Antechrist, que fera-ce de„ votre abjuration & de votre absolution ? Que fera-ce de votre Mariage ?
„ Où en est la dispense? Que deviendra Monsieur le Dauphin (a)?'’ Onparloit communément dans les deux Cours du double Mariage, quoiquerien ne fût moins du goût du Roi, qui redoutoit plus l’alliance de l’Efpa-gne, que le ressentiment de toute autre Puìílànce. Tout cela finquiettoit8c non feulement l’embarrassoit dans la conduite de ses propres affaires,mais fefoit un mauvais effet parmi fes Alliés, donnoit des ombrages enAngleterre & en Hollande, & en le fefant soupçonner de mauvaise foi,diminuoit fort la confiance que ces deux Nations avoient eue jusques-là enlui, qui etoit absolument nécessaire pour la réussite de fes desseins. C’estce qui paroitra par une legere ébauche des projets de ce Monarque.
Quand Henri fit la paix de Vervins, il assura de la façon la plus forte Son desseinla Reine Elizabeth & les Etats Généraux d’une inviolable amitié, & de la d'abaifrervive reconnoissance qu’il avoit des secours que ces deux Puissances lui a la , 'voient donnés. On regarda alors ces protestations comme des politesses à’dmtche,d’ufage, & plus Henri tâcha d’en persuader la sincérité, & moins on yajouta de foi. Ce fut dans la vue de faire cesser cette froideur, & de donner,autant qu’il étoit possible, une juste idée de son plan, qu’il fit faire quel-ques ouvertures à la Reine Elizabeth Tannée qui précéda la mort de cettePrincesse, & qu’il en fit parler plus clairement & d’une façon plus forte parle Marquis de Rofni à Jaques 1., qui parut avoir meilleure opinion du pro-jet de ce Seigneur qu’aucun de fes Ministres (b). Les Etats de leur côté,fur quelques indications qu’on leur avoit données, ne firent pas difficultéd’insinuer au Roi, que la Trêve conclue par fa médiation na dureroit qu’au-tant que cela lui conviendroit. Henri étoit persuadé que la Maison d’Autricheafpiroit à la Monarchie Universelle ; & s’il lui eût resté quelque doute à cetégard, les projets que les Espagnols avoit formés avec le Maréchal de Biron, leComte d’Auvergne & le Duc de Bouillon, lui parurent une preuve décisive.
H résolut donc de fapper les fondemens de la grandeur de cette Maison ;de rétablir la liberté de sélection au trône de TEmpire, 8c aux Royaumesde Hongrie 8c de Bohême, de limiter l’autorité Impériale, tant que laMaifor, d’Autriche en feroit en possession, & de renfermer TEfpagne dansfes bornes naturelles (Q. Henri concevoit parfaitement que ce projet étoit^praticable, tant que la France reíteroit foible & brouillée, épuisée d’hom-
00 Mem. de Sulli T. VIL.p. 242.note (b) Mem. de SuIU L. XIV. XV. Win-? 6 - Mem. pour servir à THist. de í’rance wood’s Metnorials.
' c - {c) Daniel p. 526, Mezerayp 3sip.37 a *