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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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Sectïoh

X.

II: foire de

Henri IV.

Remontran-ce du Maré-chal d’Or •mno auRoi.

La succès-son de Cle-ves U deJuliersfournit auRoi l'occa-son de pen-ser à Véxe-cution de,Jm granddessein.

248 HISTOIRE DE FRANCE. Uv. XXIII.mes & d’argent, & plus portée que jamais aux divisions. II travailla doncà lever ces difficultés & le fit avec succès; il acquitta une grande partiedes dettes de la Couronne, pacifia les dissensions intestines, rassura ses su-jets Protestons, ne négligea rien pour attacher à son service les honnêtesgens de la Ligue; & s’appliqua avec le même foin à encourager s Agricul-ture, les Manufactures èk le Commerce; afin que ses peuples fussent enétat d’agir avec vigueur, quand il en seroit terns; il avoit rempli ses cof-fres,,& renouvellé son alliance avec les Suisses (a). Ses amours & lessuites qu’ils eurent lui firent du tort ; & l’avidité qu’il témoigna pour a-masser de l’argent, jointe au caractère dur & austere de Suíli furent lesprincipaux obstacles.

Les Ministres de la Faction Catholique bn tirèrent tout le parti qu’ilspurent & ce n’étoit pas peu de choie (b). Le Maréchal d’Ornano, quileur étoit fort attaché, mais qui étoit en meme tems honnête homme &pas moins attaché au Roi, prit la liberté de s’adresser à lui-même ck de luidire franchement ses fentimens. II l'assura qu’en Guienne les peuples é-toient infiniment plus mécontens que fous le régné précédent ; le Roilà-dessus se fâcha, & le Maréchal de son côté haussa le ton, il dit queles peuples avoient raison, qu’alors on les pilloit pour un petit nombre de Mi-gnons, qui dépensoient ce qu’on leur avoit donné aussitôt qu'ils l’avoiententre les mains, ék qu’à présent on pilloit sur eux des millions, fans qu’onfût ce qu’ils devenoient; il ajouta que l’amour des peuples fefoit la forcedes Princes, & non les trésors ék les armées; qu’il se souvenait des barri-cades de Paris, & tremblait de voir encore, ce qui étoit arrivé. Les Cour-tisans furent surpris de finlolence du Maréchal ; & le Roi dit, qu’iì avoitparlé en honnête homme ; que son zele grossier valoit mieux qu’une basseflaterie, <& qu’il étoit tems que son peuple fût instruit de I’uiage auquelétoit destiné l’argent qu’on avoit levé. II sé presenta une occasion favora-ble d’exécuter son dessein, & il ne la laissa pas échaper, bien qu’il ne fûtsecondé de presque aucun de les Ministres, à la réserve de Sulli, à qui ilavoit confié ses projets, & qui s’étoit attiré la haine des autres, en tra-vaillant à les faire réussir.

L’occasion ou l’événement dont nous parlons fut la mort de Jean Guil-laume, Duc de Cleves & de Juliers, fans postérité, desorte que les sœursou ceux qui les représentaient prétendaient également à fa succession. 11 yavoit d’ailleurs deux autres Prétendans ; l’Electeur de Saxe qui soutenaitque tous les Etats du défunt lui étaient dévolus, en vertu d’un Pacte defamille, st la Maison de Cleves n’avoit point d’héritiers mâlesssautre étoitl’Empereur, qui prétendait que Cleves à juliers étaient des Fiefs mascu-lins , qui lui appartenaient, ou qui devaient au moins rester en séquestreentre les mains, jusqu’à ce qu’on vit à qui ils dévoient revenir (c). Parmiles autres Prétendans, au nombre de dix ou douze, il fe trouvait deux Prin-ces dont les droits puroissoient mieux fondés que ceux des autres, savoirl’Eleòìeur de Brandebourg Ck le Duc de Neubourg ; le premier en qualitc

de

(e) Mezeray I. c. p. 375 & suiv. M t 111de Sulli 1. L. p. 3<58 & suiv.

(d) Voy. Sulii & Carew.(b) Suìii pajjm.