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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 249de gendre de la sœur aînée du feu Duc, & l’autre comme mari de la secon- Sectionde de ses sœurs. Ces deux Princes jugèrent qu’il valoit mieux faire un ac- L-commodément entre eux, que de courir les risques d’une querelle ; étant *

convenus à cet égard entre eux, ils demanderont à Henri fa protection, enn V 'particulièrement contre l’Empereur, qui avoit envoyé l’Archiduc Léopoldpour surprendre Juliers, ce qui n’étoit pas fort difficile, parceque le Gou-verneur étoit depuis longtems créature de l’Espagne (a). Le Roi promità ces Princes son appui , & mit d’abord en œuvre les instrumens qu’ilpréparoit depuis tant d’années pour abaisser la Maison d’Autriche. Toutesles Puissances auxquelles il s’adressa étoient st bien disposées, les offres qu’ilfefoit si raisonnables, & le plan pour Inexécution si bien concerté, qu’on netrouve dans l’Histoire gueres d’exemples d’une Confédération auíïì promp-tement conclue, & où toutes les Parties entrassent avec plus de plaisir &de résolution (b). Ce qui n’est que peu ou point contesté, c’est que cene fut pas uniquement pour assurer la succession de Cleves, que le Roi re-nonça tout d’un coup aux dispositions pacifiques, où il avoit été si long-tems; les meilleurs Historiens jugent qu’il y a beaucoup d’apparence, qu’ilse proposoit l’exécution du dessein dont nous avons parlé. Mais il avoitencore un autre projet, infiniment moins praticable, si l’on encrait unhomme, qui 11 ce projet.a été réel , peut à juste titre en être regardécomme fauteur. II importe de donner une idée de ce projet (*), qui

(a) Mezeray p. 378. (b) Mem. de Sulli L. XXVII. Perefixc, Matthieu.

o Ce grand dessein , c’est le nom qu’on lui donne généralement, étoit absolumentune production du génie du ltoi, L le grand sujet de ses méditations, si nous en croionsle-Duc de Sulli, & à qui pourroit-on s’en rapporter fur un fait de cette nature, si cen’est à lui ? Ce Seigneur nous apprend encore que la prémiere fois que le Roi lui enparla, il regarda ce Système politique plus comme une preuve du feu de son imagi-nation que de la solidité de son jugement; mais ensuite, quand le Iloi se fut expliquépius en détail, qu’il eut exposé ses raisons, répondu aux objections, & proposé lesmoyens d’accomplir ce grand dessein, Sulli y entra, & le vit fous un autre point devue. st'u fond pourtant ce grand dessein 11’a passé, même parmi les Politiques,que pourtine Utopie Royale, & c’est comme telle que nous l’exposerons succintement (1). LeRoi concevoic qu’on pouvoit former des Puissances de l’Europe une espece de RépubliqueChrétienne, en les rendant auísi égales en forces qu’il servit possible; que cette Répu-blique pourroit être maintenue dans une paix perpétuelle , en remettant la décision detous les différends à un Conseil Général, composé de gens sages, habiles & désintéres-sés; après quoi il ne lui paioissoit pas difficile de renverser l’Empire Ottoman. Le nom-bre des Puissances étoit réduit à quinze, la Papauté, l’Empire, la France, l’Espagne,

L Hongrie, la Grande-Bretagne, la Bohême, la Lombardie , la Pologne, la Suede,

R Danemarc, la République de Venise, celle des Provinces-Unies, les Cantons Suis-ses, ct la République d’italie, qui comprenoit les Etats de Florence, de Genes, deRucques, Modene, Parme, iVJantoue ct c. Pour mettre de l’égalité entre les Puissances,

°u devoit donner l’Empire au Duc de Bavière, le Royaume de Naples au Pape, la Si-c >Ie aux Vénitiens, le Milanés au Duc de Savoye , qui par cette acquisition devoitêtre fait Roi de Lombardie; les Psys-Kas Autrichiens dévoient être annexés aux Pro-vinces-Units; la France-Comté, l’Alsace & le Trentin donnés aux Suisses. Par ce par-tage Henri ne se réservoir rien pour lui-même, que la gloire d’un si grand dessein, &la satisfaction de voir l’Europe, ou pour mieux dire la Chrétienté à couvert de la dis-

(1) Mem de Sulli Liv. XXX,

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Tome XXXI.