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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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252 HISTOIRE DE FRANCE. Liv.

ne réussit pas moins bien en Angleterre, & les Princes

HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

témoign

Hiìlhe de rent: ^ e3UC0a P P enc h ant â accepter les propositions qu’on leur fesoit.Htnri f iv! Suivant quelques calculs les forces des Alliés dévoient monter à deux-cens

--mille hommes d’Infanterie & à cinquante mille chevaux avec une Flotte de

six-vingt vaisseaux. Ce qu’il y a de plus certain, c’est que Sulli assura leRoi, qu’il avoit plus de quarante millions à fa disposition & que tous lesfraix du Gouvernement payés, il entroit annuellement six millions dans sonépargne. L’Artillerie pour l’Armée consistoit en cinquante canons de fonte,ce qui n’est rien d’extraordinaire aujourdhui, mais ce qu’on n’avoit pas en-core vu. Comme le Roi devoit commander en personne, la Reine futdéclarée Régente avec un Conseil, outre d’autres Conseils pour les affairesdes grands Gouvernemens, afin que tandis que le Roi seroit occupé à exé-cuter ses grands desseins, l’ordre fût maintenu dans le Royaume (a). Tousces arrangemens. pris, le Roi écrivit à l’Archiduc une Lettre par laquelle il. lui demandoit passage fur ses terres,pour aller chasser de Juliers J’ArchiducLéopold; l’Archiduc y-consentit, parcequ’ii ne pouvoit s’y opposer (b).Dans ces entrefaites, le Prince de Condé, ne se croiant pas trop en furetédans les Pays-Bas, passa en Allemagne & de là à Milan. Le Comte deFuentes ennemi juré du Roi, fous prétexte de faire honneur au Prince luidonna des Gardes à pied & à cheval ( c ), & fie courir le bruit que le Roiavoit mis fa tête à deux-cens mille écus. Dans le même tems les émissairesd’Espagne publioient que par plusieurs raisons, qui n’étoient pas nouvelles,le mariage du Roi avec Marie de Medicis étoitnul, & que le Prince deCondé étoit l’héritier présomptif de la Couronne. Misérable artifice ! surlequel néanmoins les Espagnols sembloient faire fond ; & au grand étonne-ment de toute i’Europe, tandis que le Roi fesoit de si prodigieux prépara-tifs contre eux, la Maison d’Autriche paroissoit ne prendre aucunes pré-cautions pour se defendre.

inquiétudes A mesure que le tems d’entrer en action approchoit, ce Prince-avoit de«ece Prince plus fréquentes conférences avec le Duc de fiulli à l’Arsenal, dans lesquel-du [ç S i] s regloient tout ce qui regardoit la grande entreprise, & l’adminillra-ment’df'ia t ' on intérieure de l’Etat (d). II y avoit une autre affaire, qui causoit bienReins.' plus d’inquiétude au Roi, & lui fesoit plus de peine que tous ses vastesprojets ; c’étoit l’envie extrême que la Reine avoit d’être couronnée íblem-nellement. D’où lui venoit ce désir , c’est ce qu’on ne peut dire avecquelque certitude ; mais ce qu’il y a de certain, c’eít qu’elle fit valoir desraisons spécieuses pour l’appuier. II n’étoit pas aisé de dissuader cettePrincesse de ce qu’elle s’étoic mis une fois dans l’esprit, & le Roi n’étoitpas d'un caractère à lui rien refuser, quelque répugnance qu’il pût y avoir.II y avoit bailleurs d’autres personnes,à qui une pareille cérémonie devoitdéplaire, entre autres la Reine Marguerite, qui ne pouvoit refuser de s’ytrouver fans flétrir la Reine, à y assister fans se déshonorer elle même(e). Le Comte de Soissons étoit si mécontent, qu’il avoit quitté la Cour.

(a) Sulli i. c. p. -372, 373.

(b) Lemême, p. 359i 3^0. Daniel p. ^ 22 .

(c) Mtzerayl p. 374-

(ci) Sulli T. VI!. passim.

(e) Mein. pour servir à l’Hist. de France

T. II.