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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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254 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section fort gaye & fort contente (a). Son entrée solemnelle fut fixée au Di-X. manche suivant, & on fit de grands préparatifs ; on éleva des arcs deHistoire triomphe, & on fit pour la rendre magnifique tout ce que Henri avoicHenri IV. tou j ours méprisé, & ce qui charmoit la Reine (b). Le Vendredi matin,14 de Mai, on remarqua que le Roi avoit été plus longtems dans son Ora-toire qu'à l’ordinaire. Après en être sorti il envoya dire au Duc dqSulIide venir le trouver aux Tuileries ; mais aiant appris que le Duc étoit indis-posé, & qu’on l'avoit trouvé dans le bain, il lui fit dire, qu il viendroitle lendemain marin à l’Arsenal, & lui ordonnoit de sattendre en robe dechambre & en bonnet de nuit, afin que le Duc ne fût pas incommodé deson dernier bain (c). II conféra le matin avec Villeroi, Nerestan Sc d’E-fcures, qu’il avoit envoyé reconnoitre les chemins Sc les passages du Duchéde Juliers ; d’Escures rassura qu’ils étoient beaucoup meilleurs qu’on nel’avoit dit; ce qui parut lui faire grand plaisir (d). Le Roi alla ensuiteentendre la Messe aux Feuillans, où Ravaillac le suivit, qui confessa de-puis que si le Duc de Vendôme n’écoit survenu, il l’auroit tué-lá. Aprèsle diner, Henri s’entretint quelque tems avec le Président Jeannin & avecM. Arnaud, Intendant des Finances, touchant quelques réformes qu’ilavoit dessein de faire quand la guerre seroit finie, voulant diminuer lenombre des Officiers des Finances, Sc abolir les impôts les plus onéreux au .peuple. Après qu’ils fe furent retirés, il parut fort agité, vint à la fenê-tre, & portant la main à son front, dit tout bas; „ Mon Dieu! j’ai quel-,, que chose là-dedans qui me trouble fort, je ne fais ce que j’ai (§)". Unpeu avant quatre heures après midi il monta en carosse * où il fit mettre leDuc d’Epernon à fa droite; à la portière du même côté étoient Meilleursde Lavardin & de Roquelaure, à l’autre portière le Duc de Montbazon &le Marquis de la Force, & fur le devant M. de Liancour Sc le Marquis deMirebeau. Le cocher lui aiant demandé où il fouhaitoit d’aller, il lui ré-pondit d’un ton un peu chagrin, mettez-moi hors à'ici. Ravaillac-demeu-ra longtems au Louvre Sc pensoit faire son coup entre les deux portes ;mais il trouva que le Duc d’Epernon étoit à la place où il jugeoit que leRoi fe devoir mettre (/), desorte qu’il suivit le carosse.

Cîrconstan- Quand on suc hors de la Cour, on demanda encore au Roi, où iroit leces particu- carosse ; il dit à la Croix-du* Tiroir, Sc quand il y fut, il dit au cimetie-précéderei re Innocent. Le carosse entra dans la rue de la Feronnerie, quiL mortdu àoit alors fort étroite Sc encore retrecie par les boutiques adossées au murRoi, qui est du cimetiere des Innocens; il fut obligé de s’arrêter à cause d’un embarrastué dans formé par la rencontre d’une charrete chargée de vin Sc d’une autre char-Jon carojse. gée f 0 j n (V), Le Roi avoit renvoyé ses Gardes, Sc fait ouvrir le ca-rosse de tous côtés, pour voir- les préparatifs de l’entrée de la Reine,aprèsquoi il avoit dessein d’aller à l'Arsenal pour s’entretenir avec M. de Luiss

(d) Mem. p. servir à l’Hist. de France fO Le même.

T. 11 - P- 3 ° 1 - (/) Le même. (

(/;) Journ. de Henri IV. T. II p. 302. (§) Mem. p. servir â l’Hist. de France

{cj Mem. de Sulli 1 . VIL p, 401, 402. T. II. p. 305. Daniel p. 530 & al,

(d) Matthieu*