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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 25^sur ce que d’Efcures, lui avoit rapporté. Les valets de pied avoient pris Sectionpar dedans le cimetiere Saint-Innocent, 3 la réserve de deux, dont l’un x.-s’avanya pour faire défiler les Charretes, & l’autre s’étoit arrêté pour re- Henri^iv 5

nouer fa jarretière. Ravaillac profita de ce moment, mit le pied fur une- 1

des *roues du carosse, & avec un couteau trenchant des deux côtés portaun coup au Roi dans le tems que ce Prince étoit tourné vers le Duc d'E-pernon, lisant une Lettre (d) , ou selon d’autres penché vers le Maréchalde Lavardin ( b ). La plupart des Historiens assurent que Henri s’écria, jesuis bìcjjii mais dans l’instant même l’assaífin redoubla d’une si grande vi-tesse , qu’il lui donna un second coup proche de l’oreille du cœur dans laveine cave, qui en fut coupée, deforte qu’il expira fur le champ (c).Quelques-uns disent, qu’il porta un troisième coup, qu’un des Seigneursreçut dans fa manche (d) ; mais cela est fort douteux. Au contraire, cesSeigneurs savoient si peu comment le coup s’étoit fait, qu’ils ne voioientpas seulement l’assaffin, & que s’il eût jetté son couteau sous le carosse, onn’eût su à qui s’en prendre, mais il le tint froidement à la main. Un desGentilshommes ordinaires qui suivoit le carosse, accourut l’épée à la mainpour le percer, mais les Seigneurs lui crièrent sagement de ne le pas faire& qu’il y alloit de fa tête ( e). Ils firent abattre les portières du ca-rosse, reprirent le chemin du Louvre, en dilant au peuple que le Roin’étoic que blessé (f) (*).

(a) Wimvood T. III. p. 158. Matthieu.

(b) Matthieu.

Çc) Wimvood ubi íup. Daniel ). c.

(d) Daniel I. c.

(e') Daniel t. c. p. 53t.if) Le même.

(*) Henri étoit d’une stature médiocre, plutôt grand que petit, il avoit íes yeuxvifs, le nez aquilin, le teint vermeil, le poil brun, mais qui avoit commencé à gri-sonner dés l’âge de trente-trois ans, 11 étoit d’une excellente constitution, & mal-gré fa vie peu regiée il ne laisioit pas de jouir d’une bonne santé, sinon qu’il avoicquelquefois Ja goûte. 11 étoit galant & grand Capitaine. 11 avoit des maniérés forefamilières, mais favoit. prendre un air de majesté quand il le falloit Dans les gran-des occasions où la magnificence convenoit, il montroit qu’il s’y entendoit, bienqu'ii ne i’airr.át point. I! étoit franc & ouvert; naturellement éloquent, 11 écrivoitbien & facilement. II railloit agréablement, & soufFroit fort bien ia raillerie & mê-me qu’on le reprit, pourvu que ce sût à bonne .intention. Son courage lui fit sur-monter, & son adresse souvent éviter les dangers. 11 aimoit ses sujets, & sic biendes choses pour leur avantage; il encouragea les manufactures & le commerce, favo-risa ceux qui envoyerent des Vaisseaux en Atnerique & accorda des Lettres PatentesPour rétablissement d’une Compagnie des Indes Orientales. S’il avoit de grandes qua-lités, il avoic aussi de grands défauts, fa passion pour les femmes étoit fans contreditUn des plus considérables. Elles nede gouvernoient pas néanmoins pour lui faire pren-dre ou rìisgiacier ses Ministres. II étoit encore trop favorable aux duels, & quoiqu’il-sit des Edits pour les défendre, il temoignoit du mépris pour ceux qui obéissoiencaux Edits. 11 avoit une forte passion pour le jeu, qui eut de terribles, fuites, parce-qu’tlle mit en vogue un vice, seul capable de mettre le désordre dans un Etat. 11 ai-moit l’argent, mais il favoit aussi en faire un bon usage; ayant remarqué combien ladisette à cet égard avoit été préjudiciable à ses prédécesseurs, il cberchoit à éviter cetinconvénient par une conduite opposée à ia leur. Outre ces défauts, il y avoit un peude legercté & de vanité dans son caractère; mais on voit par ses Lettres qu’ij^onnois-soit ses soibles, autant que qui ce fût, & qu’il s’cfforçoit, quoiqu’iniìtileiBicnt, de