256 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section Aussitôt que le carosse fut au Louvre, on porta le corps du Roi dansson cabinet & on le coucha sur un lit; si nous en croyons Mezeray lesHenri^iv* Grands le quittèrent bientôt (a ), desorte qu’il y fut exposé durant quel-
-’ ques heures à qui le vouloit voir; il n’y eut que Monsieur le Grand, JBas-
Ce qui fui . sompierre & le Duc de Guise, qui au lieu d’aller faire leur Cour, vinrentvitsamon. p] eurer leur Maître, le Duc de Guise l’embrassa même (/;). Quand onouvrit son corps, on trouva qu’i! avoir deux coups , l’un étoit leger &l’autre mortel, mais on fut en doute lequel des deux étoit le premier. Tousles Médecins & Chirurgiens présens, au nombre de plus de vingt trouvè-rent toutes les parties si bien conditionnées, qu’il auroit pu vivre naturel-lement encore longtems (c). Ses entrailles furent envoyées d’abord àSaint-Denis fans aucune cérémonie. Son cœur fut remis aux Jésuites, &porté selon sa volonté à leur College de la Fléché (d). Le corps fut em-baumé pour être enterré avec les cérémonies accoutumées. Les Ducs d’E-pernon & de Bellegarde se souvinrent alors qu’on n’avoit point fait les ob-sèques de Henri III. leur ancien Maître, ils allerent donc à Compiegne,firent transporter son cercueil, qui fut porté à Saint-Denis huit jours avantcelui de son successeur; & par là fut vérifiée une prédiction, faite sui-vant toute apparence après coup. Le 29 de Juin le corps du Roi futporté aussi à baint Denis avec les cérémonies ordinaires; le peuple donnales plus grandes marques de douleur, & les Etrangers qui s’intéressoicnt àla liberté de l’Europe, & au bien de la Cause Protestante regrettèrent in-finiment ce grand Prince.
Ainsi finit ses jours Henri IV. premier Roi de la Maison de Bourbon ,dans la cinquante - huitième année de son âge, la trente-huitième de sonrégné comme Roi de Navarre, «St la vingt-unieme depuis son avènementà la Couronne de France. Les Etrangers comme ses sujets se sont accor-dés à lui donner le surnom de Grand, qu’il méritoit certainement en qualitéde Roi, mais non comme homme. On voit comment il étoit fait, par fabelle statue équestre en bronze qui est fur le Pont neuf à Paris, faite par
ordre
C d) Meyeray p. 388. (c) Le môme.
(b) Mem. de Dnjjompiere T. I. p. 245. (d) Matthieu L. IV.
s’en corriger. II étoit populaire & diílimuloit fans malice, au contraire il parionnoitíì aisément & fl sincèrement, qu’au teins de fa mort, ses plus implacables ennemisétôient devenus ses amis. 11 n’euc point d’enfans de Marguerite de Valois fa pre-mière femme, mais il eut de Marie de Medicis, ia seconde, trois fils, le Dauphin, le.Luc d’Orléans qui mourut un an après lui, & Jean Baptiste Gaston, depuis Duc d’Or-léans. II eut aussi trois filles du même mariage, (avoir Elizabeth qui épousa PniiippeIV. Roi d’Espagne , Christine mariée à Victor Ainedée Duc de Savoye & Henriette-Marie Reine d’Angleterre par son mariage avec Charles I. Nous avons parlé des enfansnaturels qu’i! eut de la Duchesse de Beaufort & de la Marquise deVerneuii. 11 eut encorede Jaqueiine de Beuíl, Comtesse de Motet, Antoine de Bourbon Comte de Motet. q’-'*fut tué à la journée de Castelnaudari en 16Z2 > quoique d’autres prétendent q u’il le fi £Hermite, & qu’il n’est mort tn Anjou qu’en 1693. r.nfin Henri eut de Charlotte desEssaris, Dame de Romorantir. deux filles, dont i’une fut Abbesse de Fontevrauit ct i’ aU 'tre de.Chelles.