HISTOIRE DE'FRANCE. Liv. XXM.
ordre des Grands-Ducs Ferdinand & Cosme de Medicis; & que tous ies Sectionbons François regardent avec respect.
SECTION Xs.
LouisXIIl.jusqu’à lamort duMaréchald’Ancre.
Histoire du régné de Louis XIII. surnommé le Juste depuis son avène-ment à la Couronne jusqu à la mort du Maréchal d’Ancre U à l'exil dela Reine - More à Blois.
T a nouvelle de la mort du Roi mit la Reine toute en pleurs ; le Chance- Le Parle -lier de Silleri se servit de raisons assez singulières pour modérer fa me 'f d s lcirdouleur, il lui dit que le Roi ne mouroic jamais en France, qu’il falloit ré-server ses larmes pour un autre tems & penser à elle & à ses en sans (a ), que S 'dans cette conjoncture ]’Ecat,avoit besoin de fa vigilance plutôt que de seslarmes. Son conseil fut suivi, le Parlement, assemblé le même soir aucouvent des Augustins, déclara la Reine Régente, par les soins & les me-naces du Duc d’Ëpernon (h). Le Duc de Sulli, qui alloit de l’Arsena! auLouvre, reçut des avis, qui l’oblígerent de sc retirer à la Bastille,il envoyaen même tems enlever tout le pain qu’il put trouver aux halles & chez lesboulangers; comme s’il avoit dessein de garder la Bastille à tout hazard.
On le détermina cependant à la fin daller au Louvre, où on lui fit en ap-parence un accueil si favorable qu’il renonça aux mesures qu’il avoit prises(c). Le lendemain matin le Roi alla au Parlement tenir son lit de Justice& là la Régence & la Tutelle du Roi fut confirmée à la Reine, qui pro-mit que le jeune Roi auroit toujours beaucoup d’égard aux avis de cet il-lustre corps. L’absence du Prince de Condé & du Comte de Boissons,fit que tout se passa avec moins de difficulté. Le Comte de Boissonsarriva le lendemain, & parla haut, mais il étoit trop tard, & quoi-qu’il ne manquât ni d’amis, ni de capacité, les maniérés affables, & lespromesses de la Reine le mirent hors d’état de causer beaucoup d’embar-ras; cependant on le gagna ensuite par les avantages que la Reine luiaccorda (d). Le 22 de Mai on corfirma I’Edit de Nantes, & on pu-blia une Déclaration à ce sujet pour rassurer les Réformés. Après avoirPourvu à ce qui intéressoit les vivans, ou eut le loisir de penser à ce quictoit dû au mort, ensorte que le 27 de Mai l’assaffin, par la main infâmeduquel Henri le Grand avoit perdu la vie, souffrit un supplice aussi ri-ê°ureux que le méritoit l’énorme attentat qu’il avoit commis (*).
ÛO Griffet Hist. de Louis XIII. T. XVII. fr) Mem. de SullL T. Vils. p. 31 L” e l’Edit. de Ddnîel, in 8vo. p. 4, suiv. Baffompierre l. c. p. 247.
O) Hist. du Duc d’íîpernon 1 '. II. p. (d) Hist. de la Mere & du Fils, Gris-
set ubi sup. p. 21. »
O Cet infâme aslaífin s’appelloit François Ravaiiiac, natif d’Angoulême, & ^oit
Tome XXXI. R k