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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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XI.

Histoire deLouisXIII.jusqu’à lamort duMaréchald’Ancre.

2 5 3 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.

11 persista jusqu’à la fin à dire qu’il n’avoit point de complices , que per-sonne ne l’avoic engagé ni sollicité à ce crime, & qu’il n’avoit parlé à

igé de Zl ou Zî ans. Son pere étoit Solliciteur de procès, & il avoir été élevé à lajnême profession; mais en aiant perdu un en son nom, pour une succession, cela lechagrina extrêmement. II se fit ensuite Maître d’Ecole, & recevoit quelques petitescharités de ceux dont il instruisoit les enfans, avec cela il avoir bien de la peine à vivre.11 s’étoit jetté un fois dans les Feuillans, & y avoir été Novice, mais on l’avoit misdehors pour ses rêveries extravagantes. Quelque eems après il avoir été emprisonnépour un meurtre, & suivant quelques-uns condamné à être pendu, mais en aiant ap-pellé au Parlement, il avoir été déchargé de ia peine de mort, & condamné à faireamende honorable (r). Lorsqu’on l’eut arrêté après l’aíïassinat du Roi, il fut gardéavec fi peu de foin, que toutes sortes de gens lui parloient; on remarqua surtout qu’unJésuite lui dit, Mon ami n’accuses pas les gens de bien (2). Le lendemain il fut mené-de l’Hatel d’Iîpernon à la Conciergerie, qui est la prison du Parlement. Au premierinterrogatoire il répondit hardiment, ,, Qu’il l’avoit sait, & le feroit encore fi cela„ étoit à faire”. Quand on lui dit, que le Roi bien que dangereusement blessé, vivoicencore & pouvoit guérir, il s’en moqua & dit, qu’il l’avoit expédié & étoit bien sûrqu’il étoit mort (3). Dans les interrogatoires suivans il avoua, qu’il y a volt longremsqu’il avoit eu dessein de tuer le Roi, parcequ'il fouffroit deux Religions dans le Royau-me, & qu’il avoit cherché à avoir une audience de lui pour lui faire des remontrances.1 ! dit encore, qu’il avoit cru que les grands préparatifs du Roi étoient destinés à fairela guerre au Pape, & que selon lui, faire la guerre au.Pnpe, c’étoit la faire à Dieu(4). 11 parloit d’une façon toute ridicule des révélations qu’il avoit eues. II préten-dait avoir parié au P. d’Auòigny Jésuite, & avoir communié de sa main, mais quand illui fut confronté, le Pere lui dit, qu’il étoit un effronté menteur, & qu’il ne l’avoicjamais vu, qu’en ce uioment-là. Nous n’avons point de détail des trois derniers in-terrogatoires, mais on assure qu’il persifla toujours à dire qu’il n’avoit point de compli-ces; que personne ne !'avoit porté á cet attentat, qu’il n’avoit que trois quarts d’écu &ouelque menue monnoye en poche, & que s’il avoit manqué son coup, il auroic étéobligé de s’en retourner chez lui, faute de fubfistence (5). 'Rien ne l’étonna davantageque Phorreur que le peuple témoigna pour lui, ne s’y attendant point. Oïl fut obligéde le garder pour le mettre à couvert de la fureur des autres prisonniers, qui Pauroientassommé. Les bouchers de Paris demandertnt qu’on le leur mit entre ies mains, disantqu’ils l’écorcheroient to.ut vif, & le laisseroient vivre dans cet état douze jours. Quandon rappliqua à la question, il soutint toujours -qu’il avoit agi de son propre mouvement,& qu’ii ne pouvoit accuser personne. Le jour de l’exécution, on le conduisit au Par-vis de Notre-Dame pour y faire amende honorable, & ensuite à la Greve, où étantfur l’échaffaut on rattacha fur une croix. On lui brûla avec du souffre la main droiteoit il avoit tenu le couteau; on lui tenailla les mammelles, les bras, les cuisses & lesïambes, eSc on arrosa ses piayes de plomb fondu, d’huile bouillante,- de poix résine, -decire & de souffre fondus. Le peuple refusa de prier pour lui. Quand suivant la sen-tence il fut question de le tirer à quatre chevaux , y en aiant un qui paroissoic foible . stse trouva un des spectateurs qui offrit le sien, ce qui dit- on affecta fort le coupable-On dit, qu’il fit alors une déclaration que !e Greffier Voisin écrivit,mais si mal, qu’onne pouvoit en lire un seul mot (6). 11 demanda avec instance l’absolution, que sonConfesseur lui refusa à moins qu’il ne révélât ses complices, ,, Donnez-là moi, dst,, Ravaillac, conditionnellement & qu’au cas que ce que je vous ai protesté n’avoir,, point de complices, soit vrai”. Ce que le Confesseur fit. Son corps se trouva Ûrobuste, qu’il résista à la force des chevaux qui le tiraient, & que le Bourreau fut à 12fin obligé de le couper en quartiers que le peuple traîna par les rues. La maison où ,stétoit né'fat démolie, son pere & sa mere eurent ordre de vuider le Royaume, avec dé-

fi) Quplílx Hlst- de touis XIII. Mez.eraj. P- 32t.

(2) Journal de Henri I V. Mtz.crny , Xlcrn. de (4) Suite de l’Hist de de Thou L. III.Sulli T. VIII. p. 3- & a.. (5) Mercure de France.

($) .Me ra. p. servir à l’Hist.-de France T. II. («) Mein, de Condé T. VI.