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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Lrv. XXIII. í6lvj d’Octobre le jeune Roi fut sacré solemnellement à Rheims par le Car- Sectiondînai de Joyeuse. La Cour avoir encieremenc change' de face en ce tems- Xi.là; les fideles Serviteurs du feu Roi étoient traités fort froidement, & lesPartisans d’Espagne avoient l’oreille de ia Reine. On partagea la direction ydes affaires de l’Etat, les Honneurs, les Gouvernetnens,.les Survivances, mort dules pensions &des sommes immenses entre ceux qui pouvoient faire le plus Maréchalde peine (a). Quant au Duc d’Epernon, qui étoit au dessus des recom- íí ’ Aîlcre 'penses de cette nature, il eut un appartement au Louvre, pour que la "

Reine fût toujours à portée de le consulter ; & les Secretaires lui communs-quoient le contenu des dépêches qu’ils recevoient. Parmi les Ambassadeursqui vinrent pour faire des complimens de condoléance à la Reine & de fé-licitation au jeune Roi fur son avènement à la Couronne,Mylord Wottonvint de la part du Roi d’Angleterre , & de la part de l'Espagne le Duc deFeria. Le Public vit le premier avec plaisir ( b ), mais témoigna le plusgrand mécontentement au sujet du second, parcequ’il étoit fils de ce Ducde Feria , qui avoit commandé la Garnison Espagnole de Paris du tems dela Ligue (c).

Les querelles entre les Princes & les Grands Seigneurs de ia Cour donne- Disgrâcerent bien du chagrm à la Reine, & ne causerent pas moins de trouble da nsdubuc del’Etat; mais au milieu de ces mésintelligences entre eux, ils s’accordoient Suili ‘très-bien dans toutes les mauvaises mesures, quand ils croioient y trouver I<5ïI *leur avantage commun. Le Duc de Sulli s’y étoit pris de toutes les façonspour faire prendre à la Reine une juste idée des affaires, & pour l’engagerà gouverner avec modération & prudence. Quelquefois ses avis étoientfort bien reçus, & en d’autres occasions très - froidement. Ses démêlésdans le Conseil avec les Princes, plusieurs Seigneurs & les principaux Fa-voris, la maniéré vive dont il s’opposa à la dissipation de l’argent quilui avoit été confié, & les conseils qu’il donna à la Reine de ne se met-tre entre les mains d’aucun Parti , en formerent un très-puissant contre

lui (d). Le Chancelier, le Secretaire Villeroi & le Président Jeannin

qui n’avoient jamais été de ses amis, se mirent à la tête de ses ennemis ;

son aversion connue pour la dissipation, qui étoit l’article prédominant, nelui laissoit point de ressources. II fit les meilleures conditions qu’il lui futpossible, & s’étant démis de ses charges de Surintendant des Finances &de Gouverneur de la Bastille, il se retira au mois de Fevrier à fa maison deSulli (e). On mit la régie des Finances en commission, inais le PrésidentJeannin en eut proprement, la direction avec la qualité de Controlleur - Gé-néral. Le Duc de Bouillon, non content de voir le Duc de Sulli disgra-cié , cherchoit à le perdre entierement ; dans cette vue il persuada à laReine de permettre aux Protestai» de tenir une Assemblée générale à Cha-telleraut, où il entreprit de les engager à abandonner le Duc de Sulli (f).

Ensuite sous prétexte que cette ville étoit dans le Gouvernement de ce Sei-

(aì Wìnv/oed T. III. p. 227- (d) Les mêmes.

(t) Négociât. ofSir. Tho. Edmondes p. (e) Mein. de Sulli L. XXIX.

3 2 5- (f) Mein de Rohm T. I. p. I. p. 6 .

(c; Matthieu ì. c Mercure de France, Edit de 1756 .

Journal de i’Etoiie.

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