2 (3 2 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
S;ct:on gnear, il fit transférer rassemblée à Saumur; malgré toutes ses intriguesXi. pour obtenir la Présidence, on la déféra à M. du Hefsis-Mornay. II neB<stoUe ^réussit pas mieux dans ses autres projets,l’Assemblée exhorta premierementl e j) JC de Sulli à ne se point défaire du Gouvernement de Poitou, ni demondu A sa charge de Grand-Maître de l’Artillerie, & ensuite par un acte solemnel,Maréchal e jie Je recommanda à la Reine comme un habile Ministre & un fidèle Ser-d' Ancre. v j teU r de la Couronne. La feule autre affaire importante qui passa, c’est
-que le Roi laissa encore aux Réformés les Places de fureté pour cinq ans
(a)-, car bien que la Reine-Mere & les Favoris les haïssent extrêmement,ils les craignoient (/;).
^airedt Pendant que la Cour étoit toute occupée d’intrigues particulières, & quepfD’Ef- le plus grand Seigneur de France étoit Italien, savoir Conehmi, qu’on ap-cuujslan, pgiioit Marquis d’Ancre du nom d’une Terre qu’il avoit achetée, il y eutdes affaires désagréables, qui troublèrent un peu la gaieté que les Grandsaffectoient mab à- propos. Ce furent les procédures du Parlement à l’occa-lion de la découverte qu’on prétendoit avoir faite des auteurs de l’assaffinatdu feu Roi, mais elles retombèrent fur la personne qui avoit fait la décou-verte, ceux qu’elle avoit accusés étant ou innocens, ou trop puissans pourêtre déclarés coupables, furent déchargés (c) (*). Le 3 d’Octobre, le Duc
(a) Les mêmes, Griffa 1 . c. p. 6z. (c) Mem. de SuHi T. VII. p. 387 L
\b) Mem. de Rohan, Négociât, of Ei- futv. not. 16. Journ. de l’Etoile, Mercuremordes, Mem. de la Régence T. I. p. 75. François.
(*) La personne dont il s’agic étoit Jaqueline Le-Voyer, du village d’Oriìn, entreEpernon & Ablis, femme d’Isaac de Varennes, Sieur de Coman , d’Escoman, ou d’Es~couinan, femme d’une vie déréglée, qui avoit été souvent en prison, & qui étoit alorsdans la derniere misere, circonstances qui décréditoient beaucoup tout ce qu’elle pou-vait dire. Elle donna par écrit fa déclaration contenant un détail circonstancié de iaConjuration qui avoit fait perdre la vie à Henri IV, dont elle difoít auteurs le Ducd’Epernon & la Marquise de Verneuil. Le Roi, ia Reine & tous ceux auxquels ellesladressa, ne voulurent point l’entendre & Ia traitèrent de folle. Elie s’adressa enfin àla Reine Marguerite, qui, bien qu’instruite de la vie libertine de cette femme, jugeal’aiTaire trop importante pour l’étouster; elle fit venir plusieurs personnes de qualitépour entendre ce que la Coman racontoit, qui répéta ce qu’elle avoir dit exactement &avec fermeté. On l’arrêta alors, & aiant été interrogée par le Parlement, plusieurspersonnes furent décrétées de prise de corps & confrontées avec elle. On dit que peu-dant ces procédures, la Reine Régente dit que c’étoit une mauvaise femme, qui accu-sait tout le monde, & qu’elle ne savoir si enfin eile ne l’accuseroit point elle-même. Par-mi les personnes qu’elle nomma & qu’on iui confronta, étoieut ia Villiers-Hotinan, IxPrésidente Saint André & Charlotte du Tillet fa sœur. Le Dimanche 30 janvier 1611,la Marquise de Vernueil fut ouie pendant quatre heures du Premier Président, fans ê.trearrêtée. Le 5 de Mars, on remit le jugement à un autre tems, & en même teins lespersonnes q U i avoient été mises en prison, furent élargies. Le 31 de Juillet, ii y eutarrêt définitif, qui déclare la Marquise de Verneuil, la Demoiselle du Tillet, Sauvage,valet de Chambre du Sieur d’Entragues, Pere, & Gandin, purs & innocens de l’assas-íinat du Iloi, & condamne ia demoiselle d'Ecoman â finir ses jours entre quatre mu-railles ; à 1 ! est ordonné que toutes ies pieces du Procès seront supprimées. Un Au-teur de ce tems-là marque néanmoins diverses circonstances pour prouver que P accu-sation intentée par cette femme étoit fausse & malicieuse; ii insiste en particulier, surqa'elie étoit prisonnière à la Conciergerie lorsque Ravaillac y fut conduit, & que ce futlá premiere fois qu’elle en entendit parier; que ceux auxquels eile fut confrontée iaconvainquirent de piusieurs menspnges, & entre autres de ne pas connoitre Ravailiac