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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 2Ó3

de Mayenne, qui avoir fait une si grande figure à la tête de la Ligue, Sectionmourut, ce qu’on regarda comme un grand malheur pour la France, xi.car non seulement il avoir été' fort fidele à Henri IV, mais depuis & ^misxv 1 *mort il fe conduifoit en homme d’honneur & de probité ; disant touthaut dans le Conseil, qu’il ne convenoit gueresàdes Princes .& à des Sei- mort dugneurs de ne fe conduire que par des motifs d’interêt ; avant que de Maréchalmourir il ordonna à son fils de persévérer dans fa Religion & dans la fidé- d ’^ ncre -

(i); ce dernier fait ne s’accorde pourtant gueres à ce qu’on dit, qu’elle étoit dans lamême prison que lui, où il est certain qu’il étoit assez mal gardé. Malheureusementpour ceux qui veulent faire passer toute cette découverte pour une calomnie; le Duc de'Sulli en parle tout autrement, fur des circonstances qui lui étoieut bien connues.■Voici en substance son récit. Quelque tems avant Taflallìnat de Henri IV, Mr.de Schomberg étant à dîner chez lui , un Page vint apporter un bfiiet à ce Sei-gneur , qu’il lui glissa avec un fort grand mystère. M. de Schomberg le montra auDuc, le billet étoit de Mademoiselle de Gournai, qui le prioìt qu’elle pût lui parlertout présentement pour une affaire de grande conséquence. Schomberg alla la trou-ver , revint au bout d'une demre-heure , & rapporta au Duc , que Mademoiselle deGournai avoit appris d’une femme, qui étoit la d’Ecoman, qu’il y avoit une conspi-ration formée contre la personne du Roi , où entroient la Marquise de Verneuil ,Monsieur N. (vraisemblablement le Duc d’Epernon) & quelques autres. M. de Schom-berg en parla au Roi. Le Duc de Suiti ajoute , que la d’Ecoman a soutenu haute-ment sa déposition, & qu’elle est morte en y persistant ( 2 ). On a auíîî un Factum duCapicaine la Garde, qui avoit vu Ravniilac á Naples, lequel avoit dit qu’il apportoitUne Lettre du Duc d’Epernon pour le Vicc-roi de Naples. La Garde alla en faire partà l’Ambassadeur de France à Venise, en soi te que la nouvelle arriva assez-tôt en France,pour que le Roi en fut inflruit. Henri vit cet Officier après son retour en France , leremercia, & lui dit qu’il avoit pris des mesures pour ia fureté de fa personne. Le Roienvoya alors la Garde en Allemagne pour des affaires; en revenant en France, il ap-prit la mort du Roi, & il fut attaqué par des gens armés, qui le percèrent de coups &le laissèrent pour mort. Ensuite on i’arrêta & on te mit en prison, sans qu’il en fût laraison; lorsque les Juges étoient fur le point de le mettre en liberté, pareequ’ils netrou voient rien à fa charge, un Exempt vint le tirer de prison, lui mit entre les mainsUn Brevet de six-cens livres de pension, & les provisions de Controlieur de Bieres deParis. De plus, quoique les derniers Interrogatoires de Ravaillac ayent été supprimés,on en trouve les Minutes dans les Mss de la Bibliothèque du Roi de France; & unAuteur a cru y trouver des preuves, que !e Criminel a cherché à tromper ses Juges, &que ses Juges de leur côté semblent craindre de lui demander, comment il a connu leDuc d’Epernon. 11 nia toujours fortement qu’il eût été en Italie. L’Auteur ajoute,que le Duc d’Epernon & la Marquise de Verneuil se donnèrent plusieurs rendez-vous,qu’on entendit de leur propre bouche quelque chose de leur projet,& qu’on le rapportaà Henri IV., mais que ce Prince soit par aveuglement, soit par excès de bonté négligeacet avis. 11 y a de l’apparence qu’on ne verra jamais le fond de cette affaire parfaite-ment éclairci, si l’on s’en rapporte à l’avis du nouvel Editeur des Mémoires de Sulli,qu’il n’y a ric-n de mieux L faire aujourdhui que de tirer absolument le rideau sur cemystère d'iniquité. ,, On devroit encore prendre ce parti, ajoute t-U ■ quand même il>, seroit vrai, comme quelques personnes en font persuadées, qu’ii y a un petit nom--, bre de Cabinets dans Paris , qui peuvent fournir de nouveaux éc'aircilTemens. Ceux»> qui pourroient avoir chez eux ces sortes de Pie.ces, font tròs-louables de les cacherj, avec le plus grand foin, & devroient môme se résoudre â les brûler”. Cet Ecrivainnuroit bien fait de donner les raisons de son sentiment, pareeque faute de ces édaircii-semtns la mémoire de personnes innocentes peut rester flétrie par dçs accusations .graves,tandis que de nouvelles lumières serviroient à les justifier.

(t) Mcïcure f lajiçois, A. >6n p. 14 Sc suiv. (z) Mem. tic Sulli T, VII. p. ssc-iîî-