266 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXÎÏÏ.
Skctîon grandes lumières fur les affaires des Reformes, & fie fa Cour u leurs de-XI. pens , représentant leurs Assemblées de Privas & de la Rochelle, commeHistoire de q es assemblées séditieuses (a). Pour ce qui est de fêtât général du Royau-me, & de la condition du peuple, on avoit à la vérité aboli quelques-unsmnrt du * des'impôts les plus onéreux , immédiatemement après la mort de HenriMaréchal IV. mais l’exemple de la Cour avoit introduit par tout le luxe & l’oisive-d’Ancre, ^é à un tel point, que l'on vit bientôt la misere devenir générale ; cela* 7 —donna lieu à un Edit fort singulier, on défendoit à toutes personnes, fousde rigoureuses peines, de donner saumoné dans les rues & de soulager' lesmendians ; comme si en fermant leurs entrailles à la compassion, on remé-dioit à la misere des autres. Cela pouvoit à la vérité obliger ces malheu-reux à quitter Paris, & éloigner des yeux des Ministres des objets dont lavue leur reprochoit leur incapacité & leur peu de foin (b).
Le Cheva- II étoit bien difficile, même aux gens les plus prudens & les plus expéri»
lier de Gui- mentés, engagés dans les intrigues de la Cour, de marcher longtems dansJe tue en un ces labyrinthes de dissimulation & de fausseté, avec quelque fureté. Leuïn/ls- àron de Lux, qui passoit pour un des Courtisans les plus déliés, avoitBarons de quitté le parti des Guises, liés alors avec les Ministres, pour se livrer auxLnz psre Princes. Les Guises en furent fort piqués, enforte que le Chevalier de
b fil*- Guise, attaqua le Baron, quoiqu’âgé, dans la rue, & le tua fur la place
l6l3 ‘ (c). La Reine en fut avec raison fort irritée, chargea le Parlement de
poursuivre le Chevalier, & emploia son autorité pour faire sortir de l’Ho-tel de Guise la Noblesse qui s’y étoit assemblée ; mais le Chancelier fut sitimide & filent, que l’affaire traîna en longueur, de façon que la colere dela Régente eut le tems de se calmer. Un nouvel incident auroit dû sem-ble-1-il la rallumer. Le fils du Baron de Lux, volant que la qualité dumeurtrier de son pere le mettroit à couvert de la Justice malgré les pro-messes de la Reine , lorsqu’il s’étoit jetté à ses pieds & lui avoit demandéjustice, résolut de se la faire à lui - même suivant la mode du tems ; il fitappeìler le Chevalier de Guise, & eut le même sort que son pere ( d ).Au lieu de regarder avec horreur un homme qui dans l’espace d’un moisavoit tué le pere & le fils qu’elle aimoit, la Reine témoigna à l’exemplede la Cour, qu’elle considérois comme une grande générosité, qu’un hom-me de la qualité du Chevalier de Guise eût bien voulu mesurer son épéeavec celle d’un simple Gentilhomme, non seulement elle accorda sa grâceau Chevalier , mais le nomma Lieutenant - Général du Roi en Provence jensuite pour rendre la contradiction plus sensible, elle donna un Edit sévè-re contre les duels (s). Le triomphe du Chevalier ne fut pas de longuedurée; il périt l’année suivante de l’éclat d’un canon , auquel il voulutmettre le feu& qui creva (f).
LeMarquis Le Marquis d’Ancre étoit toujours fort lié avec les Princes, & les se-d'Ancre Hé condoit de tout son pouvoir pour perdre les Ministres ; mais il manqua
(a) Mem. de la Régence , Mercure XIII. L. IV.
François, Mem. de Rohan. (d) Les m§mes.
jVinwood’s Memorials T. III. (s) Les mètnes.
(c) Hsnauít , Le Vajsor HLst. de Louis (f) Henault , Mercure François.