HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 2<5?son coup ; les Ministres trouvèrent moyen d’avoir une audience de la Rei- Sectionne, lui firent sentir que le Favori préféroit ses intérêts particuliers auxsiens, qu’en les abandonnant & en se mettant entre les mains des Princes, i.oui°sXiii!elle seroit obligée de recevoir les Ministres qu’ils lui donneroient, perdroit jusqu’à u 'bientôt toute son autorité, & n’auroit plus que le simple titre de Régente mort du(a). La Reine convaincue de cette vérité éloigna le Marquis de ses bon-nés grâces, qn’eile ne lui avoit accordées qu’en considération de la Galigaï - " ' 'fa femme; celle - ci avoit un si prodigieux pouvoir fur l’efprlt de la Ré avec usgente, que le peuple , & dans la fuite le Parlement par complaisance, Pat- Princes*tribun à la magie (b). Le Marquis se trouva fort embarrassé, & à lafin il conseilla aux Princes d’avoir recours à l’expédient ordinaire & dese retirer de la Cour. Ils suivirent son conseil. Le Prince de Coudé,
H les Ducs de Bouillon & de Nevers partirent par l’avis d’un homme,qu’ils auroient à peine daigné regarder, il y avoit dix ans (c). Cet ex-pédient n’aiant pas eu le succès qu’il en attendoit, le Marquis en employaun autre; il entra en liaison avec M. de Villeroi, & conclut le mariage desa fille avec le petit-fils de ce Ministre ; en conséquence de cette nouvelleliaison, il proposa de réconcilier les Princes avec les Ministres, aux dépensdu Duc d’Epernon & de la Maison de Guise (d). II rentra par ce moyendans les bonnes grâces de la Reine. Vers la fin de l’année le Maré-chal de Fervaques étant mort on donna le bâton à M. de Louvre Gou-verneur du Roi, mais celui-ci l’ayant remis peu après au Roi, on ledonna au grand étonnement de toute la France au Marquis d'Ancre:celui-ci se crut alors trop grand Seigneur pour marier fa fille dans lafamille de Villeroi, desorte qu’il rompit sans beaucoup de cérémonie lemariage projetté (c). Une preuve du luxe & de l’esprit de dissipationqui regnoit, c’est qu’on publia un Edit qui défendoit de porter de sor& de l’argent sur les habits. On établit aussi une Chambre de Justicepour réformer les abus qui s’étoient glissés dans les Hôpitaux & autresMaisons de Charité: sujettes toujours à cet inconvénient dans les temsde nécessité (/).
Au dernier changement arrivé à la Cour, le Duc d’Epernon, qui en en- tes Prin-tendoit le manege autant qu’homme de son tems, se retira à Metz fort ces fi têtumécontent. Mais la rupture entre le Maréchal d’Ancre & M. de Villeroi de laniant de nouveau changé la face des affaires; les Princes fans consulter leMaréchal, résolurent de se retirer de la Cour, de se lier ensemble & demenacer d’une guerre civile » si la Reine ne consentoit à leurs demandes.
Le prétexte étoit le bien public & la réformation des abus qui s’étoientglissés dans l’Etat. Le véritable motif étoit que le tems de la Majorité duRoi approchoit, & qu’alors des entreprises de cette nature, auroient étéPlus hazardeufes (§). Le Prince de Condé partit le premier, le Duc de
00 Hist. de la Mere & du Fils, Mem. Le Fâjsor T. I. p. 451.de la Régence, Winwood ubi sup. (e) Hist. de la Mere & du Fils.
( b ) Mem. de la Régence, Dupleix Hist. (f) Du Fui Hist. de Louis XIII. Mer-de Louis Xlli. cure Fiançois.
(c) Mercure François. (g) Mein. de la Régence, Hist. de la
(dj Le même, Mem. -de BaíTompiere, Mue & du Fils.
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