268 HISTOIRE DE FRANCE Lnr. XXIII.
Section Mayenne le suivit, &puis le Duc de ' Nevers & le Due de Longueviile ?
XI» i e Oue de Bouillon fe retira le dernier ; il s’étoit toujours jusques-là ménagéLouisXUK avec ta Cour, & promit en partant réemployer ses bons offices pour em-jusqu’à la pêcher les Princes de s’écarter de leur devoir. Le Duc de Vendôme étantmort du au fTi fur le point de fe retirer, la Reine le fit arrêter (a). Les PrincesMaréchal s ’ a fTemblerent à Mezieres, d’où le Prince de Condé envoya un Manifesteâàcrs. en f orme ^ L ettre à la Régente, où les anciennes plaintes étoient renou-vellées dans la forme la plus propre à faire impression. La Reine, par leconseil de ses Ministres, publia une longue réponse à ce Manifeste, elle ydéclaroit le dessein où elle étoit réassembler les Etats Généraux, quand leRoi son fils seroit Majeur ; elle nioit la plupart des faits avancés, & tour-noit l’article des libéralités excessives, qu’on lui reprochoit, & qu’elle nepouvoit nier, contre ceux-mêmes, qui en avoient profité (b). Les cho-ses ne demeurèrent pas longtems dans cet état, le Conseil de la Reine étantpartagé. Le Duc d’Epernon, qu’on avoit rappelle de Metz , le Duc deGuise & M. de Villeroi vouloient qu’on soutint le Manifeste de la Reinepar les armes, d’autant plus que les Parlemens auxquels le Prince avoit en-voyé le sien , n’avoient point répondu 6c que la plupart des Seigneursavoient remis le paquet qui leur étoit adressé à la Régente, fans l’ouvrir.Mais le Chancelier & le Maréchal d’Ancre opinèrent à tenter la voie dela négociation, le premier par un effet de fa timidité naturelle, & l’autrepour rendre service aux Princes (c) ; ce dernier avis, qui n’étoit pas lemeilleur, fut suivi. La Reine envoya des Commissaires dont Je Duc deVentadour étoit le chef pour traiter j les conférences se tinrent d’abord àSoissons, & ensuite à Sainte-Menehould & ce fut là que se conclut leTraité, que le Sieur de Bullion porta à la Reine. On y régla, que lesEtats Généraux seroifent convoqués, 6c qu’on redresseroit les autres griefs jmais les principaux articles furent secrets. Le Prince de Condé devoitavoir Amboise jusqu’à la tenue dès Etats, avec quatre-cens cinquante millelivres, le Duc de Mayenne cent mille écus 6c la survivance du Gouverne-ment de Paris ; le Duc de Longueviile une pension de cent mille livres, &les autres à proportion ; outre cela le Roi devoit déclarer par Lettres Pa-tentes, qn’ils n’avoient rien fait contre son service (d).
Le Traité Ce Traité déplut fort à la Cour. Les Princes n’avoient que peu de for-Sainte. ces? A ] a Reine avoit déja un bon corps de Troupes ; & elle avoit obtenueflTon/ìr^^ 11 Due de Rohan, moyennant une somme d’argent, qu’il donnât sa ds-mé. -/ïr mission de la charge de Colonel Général des Suisses, dont elle revêtit M.de Bassompiere (e ). Les Ducs de Guise 6c d’Epernon , Bellegarde , leCardinal de Joyeuse & Villeroi, vouloient qu’on rejettâc le Traité, com-me injurieux à l’autorité Royale , pour le maintien de laquelle ils témoi-gnoient un grand zele. Le Chancelier, le Maréchal d’Ancre 6c le Prési-dent Jeannin qui avoit été un des Commissaires de la Reine, étoient pour
(k) Mercure François, Winyrooi T. III. (d). Mercure François, Matthieu I. c.(b Du fui L c. HLst. de la Mere & Mem. de !a Régence.
Ju FÌÍS--& al (e) Mem. de Bassompiere T. I. p. zr3
(c) Les mêmes. & tuiv. Mem. de Rohan T. I. P.*I.