HISTOIRE DE FRANCE. Lw. XXIII, -6-
ia pais, à quoi d’abord la Reine elle-même n’étoit pas portée. Elle avoir Sectionété néanmoins si allarmée, au commencement de ces troubles, de tout ceque les Mécontens publioient contre elle, qu’elle eut la pensée d’aller au i^oàxlinParlement se démettre de la Régence. Larbin son Maître d’Hotel, plus jujqu’à hcourageux que ses Ministres, la fit renoncer à ce dessein, en lui représen- mort dutant qu’elle sacrifieroit son repos, fa réputation, & la fureté de son fils, ^ ré f latpour faire plaisir à ses ennemis (a). Mais lorsqu’elle se vit des forces su* Anae ‘périeures, & qu’elle entendit tous les jours les discours du Duc d’Epernon,qui fur ces fortes d’affaires passoit pour un oracle, elle témoigna une fer-meté digne de son rang. Elle changea néanmoins bientôt de sentiment ; leChancelier, qui s’apperçut que le retardement du double, mariage étoitFarticle qui lui tenoit le plus au cœur, insinua qu’on pourroit le regler àfa satisfaction ; le Maréchal d’Ancre lui fit voir, que quoique les Ducsd’Epernon & de Guise tinssent le même langage, ils ne laissoient pas de sehaïr mortellement ; mais ce fut le Président Jeannin qui la persuada effica-cement (b), 11 lui fit remarquer que les.Princes avoienc beaucoup d’amis
secrets ; que le Duc de Rohan engageroit infailliblement les Réformés àprendre leur parti; que les Princes d’Allemagne , le Duc de Lorraine & leRoi Catholique même leur avoient offert du secours, deforte qu’il valoitmieux pacifier les choses jufqu’à la Majorité du Roi, d’autant plus qu’elleapprochoit (c). Nonobstant tout cela, on ne fait pas trop quel tour les^affaires auroient prises, si Vilieroi n’avoit changé d’avis ; il avoit rompuavec le Chancelier, & avoit tâché de i’éloigner; mais voiant qu’il ne pou-voie y réussir, il se jetta dans l’autre Parti, & la Régente persuadée parses raisons, consentit au Traité, qui fut signé & publié vers la mi-Maiaprès que l'article du double mariage eut été modifié (d).
Les troubles n’étoient pas encore finis. Le Duc de Vendôme qui avoit Troublerété arrêté & retenu prisonnier au Louvre au mois- de Fevrier , s’étant excités en-échapé quelques jours après alla tout droit en Bretagne,- mais il y trouvatout déclaré contre lui, le Duc de Montbazon qui commandoit au nom du de VendisRoi, & le Parlement disposé à le soutenir. II ne laiffoit pas pourtant d’a- me.
Voir des amis, ou pour mieux dire il trouva tant de gens affectionnés en-core à la Maison de Mercœur, qu’il «'empara du Fort de Biavet, & com-mença à le fortifier. Peu à peu son Parti grossit tellement, qu’il ne vou-lut point accepter le Traité de Sainte Menehould, quoiqu’il y eût été com-pris (e). Au bout de quelques semaines on vit aussi que le Prince de Cou-dé , bien que maître d’Amboise, trávaiiloit à se saisir de Poitiers. Ce futalors que la Reine pour la première fois écouta des conseils plus sages;aiant assemblé une petite Armée de bonnes Troupes , elle mena- son filsd’abord à Poitiers, & delà en Bretagne, & elle fut convaincue par expé-rience, que la présence du Roi à la tète dé ses Troupes étoit la voie hplus courte & la plus efficace d’appailer les troubles. Le Prince de Côndé,
(o) Hîsl. de la Mere & du Fils, Hist. (d) Abreg. Chim De l’Hist. de France,d’Epernon. T. XI Iídit. de 1755 ..
(b) Matthieu ubi su n. (f) Mein. de la Régence , Hist. de laûíe-
(r) Mercure François. re & du Fils.
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