Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
275
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 2?5

pour le vérifier, il y avoir un Acte d’articíes secrets, contenant des grati- sectionfications particulières, qui étoit cacheté. Le Parlement eut beaucoup de xi.peine à vérifier ce qu’il ignoroit, mais fur les assurances qu'on lui donna ^^ ire ckque ces Articles ne contenoient rien de plus que les articles secrets de f E- ‘^ Ir -dit de Nantes, il consentit enfin à les passer pour rendre la paix à l’Etat mort au a(a). Le Prince de Condé fut au fond la dupe de ce Traité par sa propre Maréchalfaute, aiant pris le Gouvernement de Berri & de Touraine, au lieu de ce* d’Ancre,lui de Guienne, moyennant une gratification de cinq - cens mille écus. '

Le Prince ne fe rendit pas, après la conclusion de la paix, d’abord à la Disgrâce'Cour, où il fe fit quelques grands changemens. Le Chancelier avoir fait clm:equelque chagrin à Villeroi ; ce Secretaire, conjointement avec le Président lter ‘Jeannin, avoir eu si grand foin de faire comprendre à la Reine que leChancelier étoit un homme timide & qui manquoit de capacité, quecette Princesse résolut de s’en défaire (Z>). Aussitôt que le Chanceliers’apperçut qu’il étoit menacé de disgrâce , il s’adressa à Villeroi & àJeannin, & leur dit qu’ils fe trompoient par rapport à eux-mêmes, àlui & à celui qu’ils vouloient lui donner pour successeur, que fa dis-grâce feroit le prélude de la leur. Ils travaillèrent alors à le maintenir,mais inutilement; la Reine lui ôta les sceaux & les donna à Guillaumedu Vair, premier Président du Parlement de Provence, homme d’unegrande capacité dans fa profession, & qui auroit paru supérieur à cettedignité, s’il n’en avoir jamais été revêtu.

Le Maréchal d’Ancre essuya une grande mortification de la part du Par- Le Pa-iement. II étoit resté à Paris pendant l’abfence de la Cour ; un jour s’é- morti ‘

tant présenté à la porte de la ville avec toute sa suite pour sortir ; la Garde Ma ‘

Bourgeoise l’arrêta, un Cordonnier qui commandoit, lui demanda son pas- d’Ancre.seport , suivant les ordres du Roi; le Maréchal menaça, mais envain, &fut obligé de s’en retourner. Après le retour de la Cour, il fit ordonnerà deux de ses valets de donner des coups de bâton au Cordonnier, cequ’ils firent avec tant de violence qu’ils le laissèrent pour mort ; le Guetarrêta les deux coupables; l’Ecuyer que le Maréchal avoir chargé de sesordres se sauva ; mais les deux valets furent condamnés, par le Parlementà être pendus; & malgré tout ce que le Maréchal & fa femme purentfaire, la sentence fut exécutée. Cette avanture ne servit qu’à les ren-dre plus odieux (c).

Les Ducs de Mayenne & de Bouillon firent tous leurs efforts pour retar- Retour duder le retour du Prince de Condé à la Cour ,afin d’y avoir plus de pouvoir; de

le Maréchal d’Ancre en fut picquéparcequ’il comptoir beaucoup, mais ç^f ala

fans juste raison, furie Prince. A la fin le Prince arriva à Paris, & par r 'le crédit du Maréchal, il eut presque seul la direction des affaires; maisl’un & l’autre firent voir qu’ils n’y étoient pas propres. Le Maréchal, fierde la protection du Prince , négligea ses nouveaux amis les Ducs deMayenne & de Bouillon, & pour faire fa cour au Prince, il rompit avec

( a ) Hist. de la Mere & au Fils, Mein. (c) Mercure François T. IV. Hist. de 13

de Bajsompiere T. I. p. 396 & suiv. Mere & du Fils.

(b) Les mêmes, Mein. de la Régence.

M m S