L76 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section les Ducs de Guise & d Epernon ses anciens amis (a). Le Duc de Bouií-.. XI. ion qui gouvernoit entieremenc le Prince, l’engagea à faire dire au Mare*t^u^xtti d’Ancre, qu’il retiroit la parole qu’il lui avoir donnée de le protéger;jusqu'à la ' ce qui intimida tellement le Maréchal, qu’il partit pour la Normandie, oùmn du fa femme ne put le suivre, à cause d’une grande foiblesse qu’elle eut (b).Maréchal Le Prince, qui étoit le Maître de faire tout ce qu’il vouloit,ne fit rien,d’Ailcre. p a ff e ctoit de paroitre s’être séparé des Réformés, & néanmoins le DucLe Prince de Bou ^ on avoit toujours plus de pouvoir fur son esprit que jamais. Dansde Coudé est quelques - unes de leurs assemblées sécrétés, on avoit insinué que le Princemêté. pourroit être mis fur le trône, s’il vouloit suivre l’ancien projet du Maré-chal de Biron, & partager le Royaume en Gouvernemens índépendans.La Cour en aiant été' instruite, la Reine - Mere fit arrêter le Prince deCondé au Louvre par M. de Theitíines, qui pour ce service fut sait Ma-réchal de France (c). En ce tems-là Mylord Hay, depuis Comte de Car-lile, étoit Ambassadeur extraordinaire du Roi Jaques I. pour complimen*ter le Roi fur son mariage ; il fit demander une audience, pour demanderpar quelles raisons on traitòit de cette façon le premier Prince du Sang ;comme il ne fut pas content de la réponse qu’il reçut, parceque la Cour lesoupçonnoit de quelque intelligence avec le Prince, il prit congé & retour-na en Angleterre (d). L’emprisonnement du Prince de Condé allarma tel-lement plusieurs Grands, que les Ducs de Vendôme, de Guise, de Mayen-ne, de Nevers,de Rohan,de Sulli, de la Trimouille, de Caudale fils aînédu Duc d’Epernon, de Bouillon, le Marquis de Cœuvres & le Présidentle Jay se retirerent de la Cour. Au bout de quelques semaines le Princefut transféré à la Bastille, & il se fit des changemens.dans le Ministère;onôta les sceaux à du Vair, parcequ’il parloit avec trop de liberté , & onles donna à Mangot, qui avoit été fait secretaire d’Etat à la place de Vil-leroi; Mangot eut alors pour successeur l’Êvêque de Luçon, depuis le fa-meux Cardinal de Richelieu, & Barbin, qui avoit été Maître d’Hotel dela Reine - Mere, fut fait Controlleur - Général des Finances ( s). Ce fut leMaréchal d’Ancre qui les plaça tous. Aux premieres nouvelles de la pri-son du Prince, dont le Maréchal fut sans doute bien aise, & dont on lecroyoit fauteur, la populace de Paris pilla fa maison & celle de son Secre-taire. Sa vanité fesoit qu’il laissoit volontiers croire que la prison du Prin-ce étoit son ouvrage ; oubliant combien il s’étoit trompé il n’y avoit paslongtems en se croyant en fureté sous la protection du Prince de Condé, ílretomba dans la même erreur. 11 crut fa fortune plus assurée que jamais,parceque les Princes avoient quitté la Cour, que le Sceau, la plume &fargent étoient entre les mains de ses Créatures, & que la Reine fur la-quelle il avoit tant de pouvoir étoit triomphante. Ce qui le confirmadans son sentiment, c’est qu’on engagea le Duc de Guise â abandonner
(a) Mem. de la Régence , Hist. de la (d) Mem. de la Régence p. 23 6. Mer*
Mere & du Fils. cure François I. c.
(b) Les mêmes. ( t ) Mem. de Bassoinpiere T. I. Hist, de
(c) Mem. de la Régence p. 227 & Cuiv. la Mere & du Fils.
Hist, de la Mere & du Fils.