290 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIIÏ.'
Sbctios aiant été compris dans la promotion, plusieurs de ceux qui y avoieníou prétendoient y avoir autant de droit furent mécontens. Les Prote-rt'nt de sians s’étoient assemblés à Loudun fans la permission du Roi, & y conti-LouisXilI. nuoient leurs séances malgré les ordres qu’ils reçurent de se séparer, & ceìusqu'àfi qui choqua peut - être encore davantage, c’est qu’ils envoyeren t des Dépu-tés à la Reine-Mere pour rassurer de leur respect. Cette Princesse deson côté vouloit que le Roi fît aussi une déclaration pour la justifier aumoins autant que celle qui avoit été donnée en faveur du Prince (a). Com-me les coffres du Roi étoient vuides, on prépara divers Edits bursaux;Du Vair Garde des Sceaux s’y opposa d’abord, mais la crainte de perdrefa charge l’engagea ensuite à y acquiescer. Le Roi porta lui - même cesEdits au Parlement & les fit vérifier en fa présence, nonobstant les re-montrances courageuses que lui firent le Premier Président Verdun & l’A-vocat-Général Servin ( b ).
Elle a un L’union du Prince de Condé avec de Luynes & le crédit que cela luiPart; |ar-jonnoit auprès du Roi causerent un mécontentement secret parmi les Prin-'crmds ceS ^ ^ es Orands Seigneurs, qui prétendoient que leurs services étoientSeigneurs, mal récompensés. Bientôt le mécontentement alla si loin, que la plupartse retirerent de la Cour. Le Duc de Mayenne alla dans son Gouverne-ment, le Comte de Soissons,le Duc de Vendôme, le Grand Prieur, lesDucs de Nevers, de la Trimouille, de Rohan, de Retz «St d’autres serendirent à Angers auprès de la Reine-Mere, enforte quelle sembloitêtre à la tête d’un Parti puissant & bien lié (c). Cela inquietta fort leRoi, & son Favori encore plus, surtout quand il apprit que le Ducd’Epernon, auquel il avoit rendu des services essentiels, entroit dansles vues de la Reine. Tout ce qu’on put faire pour gagner cette Prin-cesse fut inutile, elle se plaignit qu’on n’avoit point tenu les promessesqu’on lui avoit faites, & dit, que pour revenir avec fureté à la Cour, ilfalloit que quelque Puissance étrangère, ou les Parlemens du Royaumeintervinssent pour garantir le Traité; cela étonna de Luynes & déplutfort au Roi.
Eikeflcm. II est certain que dans ce conflit la Reine-Mere avoit de grands avanta-
trainte de ges, & qu’elle auroit pu se ménager de très-bonnes conditions pour elle
s^accammo- à p 0ur f es a dhérens. Mais le Prince de Condé & d’autres personnes quir ‘ étoient auprès du Roi conseilleront à ce Prince d’entretenir toujours la né-gociation, & en même tems de se mettre en campagne & de marcher enNormandie ; le Duc de Longuevìlle, qui en avoit pris les Gouvernement,au lieu de celui de Picardie qu’il avoit cédé au Duc de Luynes, travailloità soulever cette Province en faveur de la Reine-Mere (d). Louis prit leparti qu’on lui proposoit avec beaucoup de résolution , & après avoir
(a) Vie du Card. de Richelieu T. I. p. Parlement, en son Lit de Justice le Mardi
39 & suiv. Mein. de Rohan L. I. 18 de Fevrier 1620 in 8vo.
(b) Harangue faite au Roy par le Pre* (c) Mein. de BaíToaipiere T. II. Vie deinier Président en la Grande Chambre, le Richelieu 1. c. p. 150.
■ . j 8 Fevrier 1620, Paris 1620, Lvo. Re- id) Mein. de Rohan ubi sup. Griffesmonstrances faites au Roy pa r M. Louis Hist. de Louis XIII, sous Fan 1620.
Servin son Avocat - Général en fa Cour du •