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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII. 2pícommuniqué son dessein au Parlement, & expédié ses ordres aux Gouver- Sjectiowneurs qui étoient demeurés fideles, il se mit en marche au commencement xu.du mois de Juillet,pour aller tout droit à Rouen. A son approche 1 e^ {e àDuc de Longueville abandonna la ville & se retira à Dieppe ; Caen ou Louisxmvrit aussi ses portes au Roi, & le Château se rendit au bout de quel- jusqu’à / a *ques jours (a). Cet heureux succès ne fit qu’animer le Roi ; ce Prince m . ort -

commençoit à agir par lui - même, donnoit souvent ses ordres fans con- —-

sulter personne, inspirait du courage à ses Troupes en rejettant tous lesconseils timides, & en donnant le gouvernement des Places qu’il prenoicà ceux qui s’étoient distingués pour son service. 11 est difficile de conce-voir quel effet cela fit, & combien cela augmenta le courage de l’ArméeRoyale ; ensorte qu’en moins d’un mois le Roi s’avança dans le voisinagedu Pont de Cé, dont la conservation étoit de la derniere conséquence pourla Reine - Mere. Si cette Princesse avoit suivi les conseils du Duc de Ro-han, le Roi auroit eu bien de la peine à finir la querelle. Ce grand hom-me lui conseilla d’aller à Bourdeaux, où elle ferait déclarer un grand Par-lement pour elle, & mettrait une Armée de trente mille hommes entre elle& le Roi (/;). La Reine étoit assez portée à suivre cet avis, & on ne faitpar quelle raison elle prit un aussi mauvais parti que celui de rester à An-gers. Les uns disent que le Duc d’Epernon la dissuada de se retirer enGuienne, parcequ’il appréhendoit de perdre son crédit, si elle étoit unefois entre les mains du Duc de Mayenne ; d’autres attribuent cette résolu-ri on à l’Evêque de Luçon, par le même motif ( c )- II se peut fort bienque le Duc fut sauteur de ce conseil, & que le Prélat prévoyant les con-séquences, engagea la Reine à conclure le Traité, qui étoit depuis si long-tems fur le tapis, avant que les affaires en vinssent à de fâcheuses extrémi-tés. II fut donc signé le 7 d’Août (d) ; mais le Roi ne l’aiant pas encorereçu, ou feignant de l’ignorer, fit attaquer le Pont de Cé, le 8 ; le Ducde Retz, qui y commandoit, se retira mécontent de la Reine, & la villefut prise ; la guerre finit par cette action, & la paix fut publiée. Les en-nemis de Richelieu font accusé d’avoir sacrifié la Reine & son Parti à sonambition; & les Amis de ce fameux Ministre prétendent au contraire,qu’il empêcha qu’elle & ses Partisans ne fussent les victimes de leur im-prudence. Ce qui se passa dans la fuite a fait adopter généralement le sen-timent des premiers, bien qu’il ne soit appuie d’aucune preuve décisive.

Par ce nouveau Traité on confirma celui d’Angoulême: le Roi accorda Luynes fa*une amnistie à tous les adhérens de la Reine qui mettraient les armes bas crijk l’inté-dans huit jours, & les continua dans leurs charges, mais il ne voulut pas r p de l *rendre celles dont il avoit disposé pendant la guerre. Par un article secret j^ìntérêtsle Roi promit de demander un chapeau de Cardinal pour l’Evêque de Lu- partícu-çon, & ce Prélat promit sa niece bien aimée au neveu de Luynes. Le

(a) Le Voyage du Roy en Normandie &la réduction du Château de Caen á l’obéis-sance de s. m. &c. Paris 8vo. MercureFrançois T. vi.

(b) Mein. de Rohan L. I.

(c) Vie de Richelieu T. I. p. 59, 6s.

(d) Mercure François T. VI. Articlesaccordés par le Roy à la Reine fa Mere,& en fa faveur á ceux qui Pont assistée eaces derniers mouvemens, Pans 1620,8vo.

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