SectionXII.Suite du
2yr HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXM.
Roi & la Reine -Mere eurent une entrevue à BriíTac (a), la Reine paraifort contente, & on lai fit de belles promesses. Louis charmé du succèsdg de son expédition, & voulant arrêter toutes les ligues, alla dans le moisLouisXlIl. de Septestibre à Bourdeaux, afin de borner la puissance du Duc de Ma-jufqu’à sa ' yenne, & après avoir bien établi son autorité en Guienne, il passa enmà Béarn pour faire rendre les Biens Ecclésiastiques & pour y rétablir la Reli-gîon Romaine, n’y aiant point de Catholiques dans le Pays; il fit dire àNavarreins la Messe en fa présence , cinquante ans après qu’elle yavoit étéabolie (L). Si le Marquis de la Force , qui étoit Gouverneur de cettePrincipauté, n’avoit pas temporisé d’abord, «St cherché à concilier son in-térêt avec sa conscience, il auroit pu parer le coup avec le secours des Ré-formés, qui tenoient une Assemblée à la Rochelle; mais alors le mal futfans remede. D’abord pour appaifer le peuple, & prévenir toute effusionde sang, on promit de maintenir les Béarnois dans leurs Privilèges, «Sc deleur laisser l’ancienne forme de leur Gouvernement ; mais aussitôt que leRoi se vit le maître, il unit la Principauté de Béarn à la Couronne deFrance, érigea la Chancellerie de Pau en Parlement, «St en changeant laforme du Gouvernement, abolit tout d’un coup leurs privilèges (c). Pourassurer ce changement, il mit de bonnes garnisons dans les Places fortes «Strevint à Bourdeaux, d’où il se rendit à Paris. Nonobstant ces succèsl’Assemblée générale des Réformés continua ses séances à la Rochelle, mal-gré les ordres qu’on lui avoit envoyés de se séparer, sous peine de crimede Leze-Majesté (d). Cadenet, frere de Luynes fut honoré du bâton deMaréchal de France (s) ; le Vicomte d’Aubeterre le reçut aussi ; on luidonna en même tems trois - cens mille livres pour se demettre du Gouver-nement de Blaye, qui fut donné au frere du Favori, & ce qui fut encoreplus honteux pour la France, c’est qu’on souffrit que Cadenet enlevât laComtesse de Chaulnes dans les Pays - Bas. Son frere de Luynes empêcha quel’on ne donnât du secours à T Electeur Pa'atin, élu Roi de Bohême, Sc futfauteur de plusieurs autres démarches contraires à ce qu’on regardoit com-me le véritable intérêt de la France, «St cela par .les mêmes motifs quiavoient porté la Cour Tannée précédente d’abandonner le Parti Arminienen Hollande.
Causes de la Gomme l’Assemblée de la Rochelle continuoit toujours, malgré les ordrespremiere réitérés du Roi, on regardoit les Réformés comme de rebelles, & le Con-
guerre con- f e i| à Roi ne pensoit qu’aux moyens de les ruiner entierement. A en7 e és fous cr0] " re les Historiens de France en général, ils attirèrent forage fur eux,ce-ngne. * en secouant le joug de f autorité Royale, en établissant un Conseil Souve-J621. rain, en partageant les Provinces en cerclés, en un mot en formant dansle cœur de la Monarchie une République conforme à l’esprit de leur Reli-gion.- C’est-là un portrait fidele de leur conduite, en le supposant tracé,
(a) Hist. à Duc d’Epernon T. IL L.VIII. L’Entrevue du Roy & de la Reinesa Mere du Château de Briflac & du depuisà Tours, Paris 1620, 8vo.
(b) Daniel Journal Hist. du regue de
Louis XIII, p. m. 16. Bernard Hist. deLouis XIII.
(c) Mem. de Rohan L. II. Daniel L c.p. 17 .
(d) Daniel u bi sup.
(e) Le même.