m HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section Deageant, qui étant Commis de Barbin avoir supplanté son Maître, traméXlî. j a p erte du Maréchal d’Ancre,frayé à de Luynes le chemin pour «'élever.Suite du & ^ ^ to j c également haï & craint de ce Favori & de tous les Mini-LouisXiH.stres, mais si estimé du Roi, qu’ils n’osoient entreprendre de séloignerjusqu’à sa que par des voies indirectes, en lui donnant une commission dont toutmort. autre étoit incapable. Deageant avoir toujours été fort lié avec Lesdi-guieres, il connoissoit toute la difficulté de la négociation dont on vou-loir le charger, & les motifs de ceux qui vouloient l’emploier ; il ne laiílapas néanmoins d’accepter la commission (a). II leur dit, qu’il lui se roi timpossible de réussir, si le Maréchal avoir le moindre soupçon de son des-sein , desorte qu’ils acheterent pour lui la charge de Premier Président dela Chambre des Comptes à Grenoble, où Lesdiguieres se soi t fa résidenceen qualité de Gouverneur de Dauphiné. Deageant s’y rendit pour prendrepofìéssion de son nouvel emploi, & il ne fut pas longtems fans réussir dansl’épineuse affaire dont il étoit chargé (b). Dans ces entrefaites le FavoriAvoir changé de vues ; il envoya Bultion pour engager Lesdiguieres à re-noncer à la dignité qu’on savoir pressé d’accepter, pour la céder à de Luy-nes. Cette négociation devoir être cachée à Deageant, mais le Maréchals’en ouvrit d’abord à lui, se plaignit du procédé qu’on avoir avec lui, &menaça de s’en venger (c). Deageant, après avoir exaggeré l’injure &fait remarquer au Maréchal qu’il avoir iui-même aussi sujet d’être mécon-tent, lui dit que la vengeance étoit au dessous d’un homme tel que lui ,queson mérite rendoit supérieur à tous les honneurs, qu’en demandant f épéede Connétable pour de Luynes, ce seroit lui dans le fond qui en dispose-roit, ce qui étoit bien plus glorieux que s’il l’acceptoit, & qu’en se con-tentant de la dignité de Maréchal-Général,il auroit réellement tout le pou-voir de Connétable, & seroit voir à tout le monde, que le Roi avoir don-né à son Favori un fourreau doré, au lieu d’une épée qu’il ne savoir pasmanier, qui seroit véritablement entre les mains du Maréchal avec un moin-dre titre. Lesdiguieres suivit son conseil, accepta les faveurs solides qu’onlui offroit & céda le titre au Favori, qui se vit par là exposé, à l’envie detoute la Cour, & en même tems perdit l’affection du Roi, qui des soup-çons passa à la haine ( d ) ; car ce Prince étoit jaloux d’une autorité, dontil ne savoir pas se servir, & haïssoit bientôt ceux à qui il la confioicpour sa commodité.
Luynes est Le 2 d’Avril, le Duc de Luynes fut installé par le Roi dans la chargefait Com iLde Connétable en grande cérémonie (c) ; la garde & le fourreau de s épée,table i e Roi lui présenta étoient garnis de diamans & de pierres, qui va-
P R S ' lí C ontre loient ' difoìt-on, trente mille écus. Son frere Cadenet, étoit déja Ma-ìe?Rèfor- rochai de France, & nouvellement arrivé de son Ambassade d’Angleterre,més. Mort fut fait Duc < 5 t Pair de France, sous le titre de Duc de Chauines, qui luidu Conné - yenoit de fa femme ; l’autre frere du Connétable prit la qualité de Duc de
table.
C a) Hiít. de Lesdiguieres L. X. Ch. S. Çej Les Cérémonies Royales faites enÇb) Mem. de Déageatit p. 258 & suiv. baillant paries mains du Roi sépée de Con-Hiít. de Lesdiguieres I. c. nestable á M. le Duc de Luynes , Pari*
(c) Hiít. de Lesdiguieres ubisap. Ch. g, 1621, 30.
( [d) Mem. de Eaíloiiipiere T, II. p. m. 11 L.