HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 3II
niere, qui s’étoient réfugiées à Ja Rochelle, trouvèrent moyen avec beau. Sectioncoup de peine d’y faire entrer M. de Soubife, qui étoit venu fur la Flotte XJI.Angloise, & M. Beecher Secretaire du Duc de Buckingham, pour expo- Sui *e dufer le dessein de fa venue, ce qu’il fit fort éloquemment (a) ; il dit, que Louisxiirle Roi de la Grande Bretagne les aiant engagés à faire la paix, fur les jusqu’à sd’fortes assurances qu’on lui avoit données qu’ils feroient en fureté & en mort.
liberté, avoit appris qu’ils n’avoient ni l’une ni l’autre, qu’ils couroient-
grand risque d’être bloqués, & qu’ils ne favoient comment l'empêcher, nicomment fe défendre ; qu’aiant en - vain travaillé à leur procurer les avan-tages stipulés pour eux dans le Traité, il avoit envoyé le Grand Amirald’Angleterre pour exécuter par force , ce qu’on avoit refusé à son in-tercession. Les Rochelois envoyerent des Députés au Duc, pour remer-cier le Roi de la Grande Bretagne des foins qu’il avoit deux, <3c pour luidire, que fefant partie du Corps entier des Eglises Protestantes de France,ils ne pouvoient rien faire que de concert avec ces Eglises ; ensorte qu’ilslaissèrent au Duc de Buckingham la liberté de faire ce qu’il jugeroit à-pro-pos. Si, comme le Duc de Rohan le remarque judicieusement, au lieu deconseil,ils avoient demandé l’aflistance des Réformés,ils auroient mis leursaffaires fur un bon pied, avant que la Cour eût pu s’y opposer (b); ou flle Duc de Buckingham avoit suivi lavis de M. de Soubife, qui le quittamalheureusement pour aller conférer avec les Chefs des Réformés ; il vou-loir qu’on fit d’abord descente dans l’isle d’Oleron, qui est très-abondante,qui bailleurs étoit presque toute peuplée de Reformés, où il n’y avoit au-cune Forteresse qui pût résister, & peu de Troupes;ce projet ne pouvoitmanquer de réussir, & l’Amiral Anglois auroit obligé les François d’aban-donner l’isle de Rhé, en les attaquant de tous côtés. Mais Buckinghamchangea d’avis, fit descente dans fille de Rhé, où M. de Thoiras com-mandoit; le Duc battit Thoiras à son débarquement, & s’il avoit pour-suivi sa viòìoire en allant droit au Fort, il l’auroit emporté (c). MaisBpckingham aiant perdu quelques jours à s’établir dans l’isle, & à faire dé-barquer ses équipages, M. de Thoiras en profita pour jetter dans le Forttout ce qu’il put rassembler de provisions , & pour mettre en état de défenseune Place, qui avoit quatre bastions, dont deux n’étoient pas achevés.
Cette entreprise commencée mal, fut continuée .malheureusement à tous Ce Due feégards & pour dire la vérité, mal conduite. Le Duc de Buckingham as- retire lwn -flegeale Fort de Saint-Martin dans les formes,fans prendre les précautionsnécessaires. D’abord les assiégés avoient abandonné un puit, dont ils a- evoient absolument besoin, mais ils le recouvrèrent bientôt & le mirent enfureté. Le Duc méprisa de se rendre maître du petit Fort de la Prée, quidéfendoit un des endroits où l’on pouvoit faire descente, ensorte que cefut par là que passerentles petits secours qu’on envoya, L que les vaisseauxAnglois étoient obligés de se tenir à quelque distance. Mais la plus grandefaute du Duc fut qu'il eut la complaisance de se laisser amuser par des négo-ciations , dont M. de Thoiras ne se servoit que pour gagner du tems.
(c) Le même & lluslnvorth 1. ç. p. 42 S,
427.
(a) Rnfivnrth I. C. P- 42(5.(i ; Mem. iie Rohan ubi fup.