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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. S37

mis le Royaume & fa personne en danger, devoir penser à les en tirer. SectionL e Cardinal travailla alors à renforcer l’Armée, emprunta de l’argent de xn.tous côtés, demanda un Laquais à ceux qui en avoient deux, & un che- duval à ceux qui en avoient au delà de deux ; fit cesser tous les ouvrages loÚTsxhipublics, & prit les Maçons & les Charpentiers pour recrues , demanda jvsqu’à s a 'des Troupes de toutes parts, desorte qu’en peu de tems il forma une Ar- Et.mée de trente ou trente-cinq mille hommes. II étoit déterminé à la com* -

mander en personne; mais le Comte de Soissons niant refusé de servir sous lui,il en fit donner le commandement au Duc d’Orléans, dans la suppositionque ces deux Princes ne s’accorderoient pas longtems, & qu’il auroic parlà un prétexte de les éloigner tous deux, ou au moins d'en engager un áentrer dans ses vues (a).

C’étoit là une des résolutions les plus dangereuses qu’il eut jamais prises. Conspira*Quand le Roi vit son frere à la tête d’une Armée, il devint de si mauvaise tim am ] rthumeur, qu'on n’osoít presque l’approcher. D’autre part, Monsieur & Cardinal.le Comte de boissons, contre l’attente du Cardinal, s’accordoíent parfai-tement, & même si bien , qu’après s’être communiqué leurs sujets deplainte, ils prirent la résolution de faire assassiner le Cardinal, à la sor-tie du Conseil, que le Roi tenoit à Amiens. Quatre de leurs Gentils-hommes se chargèrent de cette indigne action, & ils étoient entiere-ment maîtres de la personne du Ministre. Au jour marqué, le Roivint.de bonne heure au Conseil; Monsieur & le Comte entretinrentlongtems le Cardinal, tandis que les quatre assassins étoient autour delui, prêts à faire leur coup, aussitôt que Monsieur leur auroit donné lesignal en portant la main au chapeau (b). Mais tout d’un coup, Mon-sieur les quitta brusquement, & remonta l’escalier. Un des quatre lesuivit, & lui demanda à quoi il pensoit, le Duc lui répondit que sa con-science ne lui permettoit pas de tremper ses mains dans le sang d’un Car-dinal & d’un Prêtre. Le Cardinal ignora en ce tems - là le risque qu’il avoitcouru, & il n’en fut instruit dans la fuite que par le Duc de la Valette,qui avoit été du complot. La campagne ne fut pas longue ; vers le mi-lieu de Septembre les Espagnols furent obligés de repasser la Somme, & Jeio de Novembre on reprit Corbie (c). Le 20 du même mois Je Duc d’Or-léans & le Comte de boissons s’enfuirent de Paris à onze heures du soir, lepremier à Blois, & le second à Sedan, le Cardinal leur aiant fait donnerde faux avis que le Roi avoit dessein de les faire arrêter, tandis qu’il p er .suada au Roi, que cette retraite si brusque étoit une preuve convaincan-te qu’ils étoient coupables; ils ne laissèrent pas d’être traités avec beaucoupde douceur, par le conseil du Ministre. On permit au Comte de jouir deses rentes & de ses pensions fans l’obliger de revenir ; & le Roi offrit àson frere d’approuver son mariage, pourvu qu’il promit par écrit den’entretenir aucune intelligence avec les Etrangers, & de ne point troublerla tranquillité de l’Etat ( d). Le Cardinal avoit fort indisposé contre luiFrédéric Henri Prince d’Orange, par fk hauteur, & le Prince l’avoitobli-

(a) Griffet ubi sup. (c) ’Griffet Híst. de Louis XIII. fous l’an

(&) Hìít. de Richelieu T. II. p. 280. 1636.

(d) Hist. de Richelieu ubi sup. n. 224-

Tome XXXI. Vv