HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. S49
courir le même reproche. Les Troupes en massacrèrent bon nombre & Sectionl’on fit pendre ou rouer ceux qui furent pris. En un mot il fit sentir auxHabitans de Normandie, quel étoit l’esprit du Gouvernement de Riche- rt '
lieu, le plus dur & le plus impérieux qu’il y eut jamais. Après avoir ré- LouisXiir,tabli la tranquillité, en exterminant ceux qui s’étoient soulevés, Seguier jusqu’ à sarétablit le Parlement dans ses fonctions, & retourna à Paris chargé de la mo,t ‘haine des Normans, qui lui mérita Testime & l’approbation du Ministre.
II ne se pafla rien de fort important en Allemagne ; le Duc de Longue- Affairesville, qui commandoit l’Armée du feu Duc de Wcymar, fut obligé de se d’Allem•joindre aux Suédois, qui fans cela n’étoient pas en état de tenir tête aux snt ‘Impériaux. II y eut de grandes jalousies entre lui & le Maréchal Panier;celui-ci tâchoit de débaucher les Troupes du Duc, & de les engager à ser-vir la Suede, & le Duc ne se prêtoit que difficilement à toutes les opéra-tions, qui ne tendoient.pas directement à l’avantage de la France (a).
En Italie les affaires prirent un tout autre tour. Les Espagnols avoient Le Comteà tous égards la supériorité, si ce n’est sur l’article essentiel des Généraux, de Har-Une négociation pour la paix, & une espece de suspension d’armes furent court f ailcause qu’on se tint tranquille au commencement de Tannée ; les deux Partis l< Z er detémoignoient une forte envie de voir la paix rétablie en Italie, mais ce n'é- U prenitoit qu’en apparence, afin de réussir dans leurs vues particulières. Le Car- Turin.dînai Maurice de Savoye, maître du Comté de Nice, paroiíibit fort atta-ché à son frere & aux Espagnols, & il ne laissoit pas de prêter Toreilleaux propositions de fa belle-sœur & des François (b). Le Prince Thomasétoit maître de Turin, & de plusieurs autres Places, actuellement lié étroi-tement avec les Espagnols, mais avec cela nullement éloigné d’entendreaux propositions qu’on lui fesoit, qu’il communiquent quelquefois aux Es-pagnols, afin de s’attirer plus de considération, & de plus grands avanta-ges, Le Marquis de Leganez, Gouverneur du Milanés, passoit dans Tef-prit de tout Je monde pour habile Négociateur; mais personne que lui-mê-me ne le croyoit grand Capitaine. II avoit fait un Traité secret avec laDuchesse de Mantoue, en vertu duquel il ne doutoit pas qu’il ne surpritCasai. Le Gouverneur François découvrit les intelligences qu’il avoit, íorf-qu’il parut devant la i lace, &, en prévint les suites. Leganez fut doncobligé de Tinvestir & de l’aísieger dans les formes ; la ville étoit mal pour-vue , les habitons mal intentionnés, & il n’y avoit nulle espérance de se-cours. Le Gouverneur ne laissa pas de faire son devoir & de se bien dé-fendre. Le Comte de Harcourt étoit éloigné, & n’avoit qu’une petiteArmée; il résolut cependant de tenter le secours de Casai, & écrivit auCardinal, qu’il feroit lever le siégé, ou périroit devant la Place. I! prit sibien ses mesures < 5 : fit une si grande diligence, que le 25- d’Avril il attaquales Espagnols dans leurs Lignes, qui n’étoient point à moitié finies, lesforça malgré leur opiniâtre résistance, & par là réussit dans son dessein.
Leganez perdit cinq mille hommes, qui furent tués, noyés ou faits prison-niers , outre douze pieces de Canon & presque tout son bagage. Ce qu’il
(a) Puffendorf de reb. Suecíc. L. XII. (V) VtHerlo Slri T. VIII. p. 8ZZ & íiiiv-Le Vasfor I, X. P I. p, jgô & suív. Le Vassor ubi sup. p. 41.