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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 35r

Le Roi avoit deux Armées dans les Pays-Bas, l’une commandée par Je SecttcstMaréchal de Chatillon, & l’autre par le Maréchal de la Meilleraye. Le ~ , X U.projet du Cardinal étoit de faire attaquer Charlemont fur la Meuse, mais àles pluies excessives ne permirent pas d’exécuter ce dessein. Les deux Gé- Louîsxiir.néraux se concerterent si bien pour faire le siégé d’Arras, qu’ils parurent /«■devant la Place le même jour. _ II se trouva à ce siégé trois Maréchaux de mort ‘France, MM.de Chaunes, de Chatillon & de la Meilleraye, .presque toute c S ntla jeune Noblesse y servoit en qualité de Volontaires. Le Gouverneur se des P ay-trouva absent, quand la ville fut inveíìie, desorte qu’elle fut défendue par Bus. Siègeïe Colonel Boyìe, Officier Irlandois au service d’Espagne, qui sit tout ce d? prisequ’on pouvoit attendre d’un homme de courage (a). Le Cardinal-Infant, d ' Arruule Duc Charles de Lorraine & le Général Lamboi assemblèrent une nom-breuse Armée pour secourir la Place : ce qu’iìs tâchèrent de faire d’aborden coupant les vivres aux Affiegeans (í>). Le Cardinal envoya ordre à M.du Hallier, frere du Maréchal de Vitri , d’escorter un grand convoi aucamp ; mais en même tems le Roi le lui défendit, parcequ’il craignoic quesi ce corps de Troupes étoit défait, les Espagnols n’entrassenc dans" leRoyaume. Du Hallier balança d’abord fur ce qu’il devoir faire, mais lesmenaces du Cardinal l’emporterent fur les ordres du Roi (c). Du Hal-lier exécuta ses ordres avec beaucoup de conduite. Les Maréchaux quiétoient devant Arras, instruits de fa marche, le Maréchal de la Meillerayes’avanca a fa rencontre avec trois mille chevaux, & trois mille hommes depied (d). Le Cardinal Infant profita de son absence pour attaquer les re-tranchemens des François, ce qu’il fit si vigoureusement, qu’il emporta lequartier de Rantzau, & il auroit peut-être remporté une victoire com-plctte, si les Troupes du Maréchal de la Meilleraye Óc de du Hallier n'é-toient arrivées, ce qui l’obiigea de faire retraite; & Arras fe rendit le 9d’Août, après trente neuf jours de tranchée ouverte (<?). Le Roi restapendant tout le siégé à Amiens, où il fut extrêmement incommodé. Ons’^ttendoit que du Hallier scroit récompensé du bâton de Maréchal àFrance, mais il avoit fait une faute impardonnable en balançant entre lesordres du Cardinal & ceux du Roi, ensorte que quoiqu’iì continuât à serviravec honneur, il n’obtint le bâton qu’après la mort de Richelieu.

Le 2r de Septembre la Reine accoucha d’un second fils, qu’on appelia Naissance-Duc d’Anjou (/). Le Cardinal appréhendant qu’elle n’acquit plus d’autori- Dl } cté, s’essorça de lui faire oublier les mésintelligences passées; mais ce fut d ’ Jli J íUiinutilement, la Reine se contenta de politesses générales; Richelieu com-prit si bien ce que cela signjsioit, qu’i! prit toutes lés mesures possibles pourfe soutenir, au cas que le Roi vint à mourir (§). Comme il avoit enviede remettre !a direction des affaires étrangères à Mazarin, il donna à en-tendre á la Cour de Rome, qu’on rappellerait le Maréchal d’Etrées,pour-vu que le Pape donnât à Mazarin ie chapeau de Cardinal, & nous verrons

(a) La tnêîne, p. 417.

(’/;) Lì-môme.

Çc) Umfimep. 418.

(dj Crijset fous l’an 1640.

(e) Le même, Hist. de Richelieu 1 . c.p.

(/) La même p. 447-<£) La même, p. 448.