35 (5 HISTOIRE DE FRANCE. Liv, XXIII.
Section & son armée dispersée. Au fort de 1 action le Comte de SoifTons fiítxii. tu é On a parlé si différemment de cette mort, que le parti le plusSuite du fû r est d’avouer avec un célébré Historien (b), qu’elle fut un mystèreLouísXHi. qu’on n’a jamais bien pénétré. De quelque façon qu’elle fut arrivée, lesjusqu'à sa ' vaincus profitèrent de la victoire. M. de Puysegur étant allé à Sedan trai-mon. ter de l’échange des prisonniers, engagea le Duc de Bouillon à faire quel-
' -ques démarches ( c ), qui se terminerent à un accommodement II fut un
peu retardé par l’obstination du Roi à refuser au Comte de Solfions leshonneurs de la sépulture, il avoit ordonné de faire le procès à fa mémoire( d) ; mais le Duc de Bouillon ne voulut absolument entendre à aucun ac-commodement, à moins qu’on ne se relâchât sur cet article. Puysegur ditau Roi (e ), que le Comte s’appelloit Louis de Bourbon » comme fa Ma-jesté, & que son nom & son rang méritoient du respect. A la fin, leschoses s’ajusterent ; le Roi étant venu en personne au camp devant Dou-cher! , que Lamboi avoit pris après la bataille de Marfée, la ville capitula,& le Duc de Bouillon vint rendre ses devoirs au Roi (/). Par le Traité,signé le 8 d’Août, le Duc obtint le pardon de tous ceux qui avoient suivile parti des Princes, la neutralité pour son Etat de Sedan & le rétablisse-ment de ses pensions & de ses appointemens. Le Roi & le Cardinal lereçurent parfaitement bien, & le Cardinal lui dit quand il partit, „ Vous„ avez fait la guerre en Héros, & la paix en Homme d’Etat, & s’il n’y„ avoit eu ni désobéissance ni rébellion dans votre entreprise, je l’estime-„ rois autant qu’aucune action du fameux Spinola , tant elle a été bien„ conduite depuis le commencement jusqu’à la fin (g).” Le Duc de Lor-raine , n’aiant point joint le Maréchal de Chatillon, comme il y étoitengagé par le Traité, M. du Ilallier eut ordre d’attaquer la Lorraine, &le dépouilla encore de ses Etats (h)
Campagne Le Maréchal de la Meilleraye, Favori & cousin du Cardinal, comman-de Flandre, doit dans les Pays - Bas, & après quelques marches & contremarches pourj dépayser l’ennemi, il alla investir, Aire une des plus importantes Places
de l’Artois. II commença à travailler aux lignes de circonvallation le 25de Mai, ce qui n’empêcha point le Général Bec de faire entrer dans laPlace cinq-cens hommes de vieilles Troupes (i). Le Gouverneur ne dé-fendit que foiblement divers Forts qui étoient autour de la ville, & mêmeles dehors, ce qui fit que le Maréchal se flata d’en être bientôt maître.Mais il s’apperçut que ce n’avoit été que pour ménager les soldats; quandil attaqua le corps de la Place, le Gouverneur se défendit avec autant derésolution que de valeur. Le Cardinal-Infant souhaitoit fort de le secou-rir, mais il s’y trouvoit fort embarrassé. Les Hollandois, en conséquenced’un nouveau Traité fait avec le Roi aífiegeoient Gennep. Toutes les di-
(a) Mem. de Montresor p. 398. Mem.de Puyscgur p. >>07
(b) Daniel Journ. Hist. de Louis XIII.
n. w. 65.
(5) Mem. de Puysegur, Le Yasser T.X. P- B- ?. LZ Lt Cuir.
(d) Recueil de Pieces concernant I’Hist.de Louis XI I T. 1 , 11 . p. 429.
(e) Le Vassor ubi sup. p. 62.
(f) Vittor.n Siri Mercur. T. II. L. I. D lS«& -Aubsrì Mem. T U p . n6 , 115(/». Mem. de Reauvau p. 77-79.
(r) Hist. de Richelieu T. IL p. 472.