HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. S57
Versions que le Cardinal - Infant essaya furent inutiles. II fut obligé d’at- Sectiontendre l’Armée de Lamboi, qui étoit allé à Sedan , pour tenter le secours ^.^1.d’Aire, mais alors il étoit trop tard, car le Maréchal aiant offert des con- rsg , e ie Aditions honorables au Gouverneur, il se rendit le 26 de Juillet, lorsque le LouísXiir.Cardinal - infant n’étoit pas loin & dans la ferme résolution de hazarderune/ 1 # 4 ^/ 8bataille pour faire lever le siégé. On croît que le Gouverneur fit fa paix msrt ‘avec le Cardinal-Infant, en lui fefant comprendre qu’il lui seroit plus aiséde recouvrer Aire, qu’il ne l’auroit été de la secourir. II prit effective-ment si bien ses mesures, que le Maréchal fut obligé de décamper avec as-sez de précipitation pour que son Armée ne manquât pas de vivres; cefut tout ce qu’il put alléguer pour se justifier de n’avoir pas détruit entie-rement ses lignes, où les Espagnols entrerent aussitôt qu’il fut parti (a).
II avoit une meilleure excuse de n’avoir laissé que peu de poudre à lagarnison d’Aire, car elle lui manquoit. Le Cardinal-Infant ne poussa lefiege que lentement, parcequ’il favoit bien que le Gouverneur ne pouvoitpas tenir longtems; mais étant tombé malade dans son camp, il se fit por-ter à Bruxelles où il mourut (£). D, François de Mello, qui avoit la con-duite du siégé, le continua, quoique les François fissent plusieurs diver-sions pour le faire lever. A la fin Aire étant réduite à l’extrémité retom-ba entre les mains de son ancien maître , le 17 de Décembre, au grand re-gret du Cardinal & du Roi, qui à l’exception de Bupaume Sc de quelquesautres petites Places ne gagnèrent rien de ce côté ici. Le Prince d’O-range fur les instances de Richelieu , étoit aussi entré en Flandre avec sonArmée, dans le dessein d’attaquer le Sas de Gand, mais le Comte deFuentes, que les François appellent le Comte de Fontaines, s’y étantrendu avant lui avec sept mille hommes de pied , Sc quarante compa-gnies de Cavalerie, l’obligea de se retirer à Berg-op-zoom (r). Onpensa que si tout autre avoit été dans le cas du Maréchal de la Meille-raye, il auroit été disgracié.
Pendant le cours du long Ministère du Cardinal de Richelieu, il n’y Bonheura pas eu d’année qui lui ait été & aux siens plus favorable que ceììe- c,. t °^ p ° rtic J l rCinqmars, Favori du Roi étoit devenu grand Ecuyer par la démissiondu Duc de Bellegarde, < 3 c on le nommoic Monsieur le Grand, suivant dant cate "l’usage de la Cour de France. II eut au commencement de l’année une année,grande querelle avec le Roi, qui vraisemblablement auroit amené la dis-grâce de ce Favori, dont l’humeur étoit tout - à - fait incompatible aveccelle de son Maître, si le Cardinal ne s’en étoit mêlé, Sc ne les avoitréconciliés (d). Pour quelque teins cela rétablit la tranquillité & lesrendit tous contens. Le Roi s’ouvroit à M. le Grand de ce qu’il pen-sent; Cinqmars en instruisait le Cardinal, qui averti de tout régloit faconduite fur ce qu’il apprenoit; mais ce calme ne dura pas longtems,ainsi que nous le verrons. Tous les efforts du Cardinal pour pousser la fortunede fa niece Combalet, aiant été inutiles, sinon qu’il favoit faiteDucheffe;il produisit fur !a fcene une autre mece, Claire-Clémence de Maillé-Brezé
(a) ta même, p. 475. Griffa ubi<up. (c) La même p. 47 6.
(b) HilL de Richelieu s. c, p. 477. (d) La même, p. 448-450,
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