Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
358
JPEG-Download
 

35g HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section fille da Maréchal, fiai épousa au mois de Fevrier (a) le Duc d’Anguien,’XIÍ ; fils du Prince de Conde. Ce mariage se célébra avec une magnificenceSmt n/‘de Royale j il y euC l,n Ballet superbe à cette occasionnai représentait la prof-LoídsXHI.périté des armes de France,ou pour mieux dire les trio nplies du Mmisterejuiiu’à fa du Cardinal. Ce mariage mit la patience du Comte de SoilTons à bout, quimort. p r i c alors la qualité de Premier Prince du Sang, & n’oiblia pas cet articledans son Manifeste. I! arriva.cette année une autre affaire de conséquen-ce , dune autre nature. Certains Hermites , qui fous prétexte de fe re-tirer du Monde, demeuraient dans un lieu écarté du Duché de Vendôme,où ils commettoient bien des crimes, furent arrêtés par'ordre du Duc, &mis en prison. S étant échapés , ils vinrent à Paris, où ils furent arrêtés.Pour fe sauver de la potence, ils accusèrent le Duc de Vendôme de lesavoir fait mettre en liberté pour assassiner le Cardinal (b). D’abord quele Duc en fut averti, il envoya le Duc de Beaufort, son secondfils , à Paris, non feulement pour donner les plus fortes assurancesde son innocence, mais aussi pour offrir de venir en personne pour êtreconfronté avec les Accusateurs; la proposition fut acceptée (c). La peurl’aiant pris, il passa en Angleterre ( d ), où il fe joignit aux Ducs de Sou-bise & de la Valette, ce qui donna un air de vraisemblance à une accusa-tion, qui dans !e fonds étoit fausse. Vers la fin de Tannée, la Cour deRome, en retour de quelques marques de complaisance que Richelieu luiavoit données, envoya le chapeau de Cardinal a Mazarin (e) son bon ami,fur lequel il fe repofoit en grande partie des affaires étrangères, au moinsde celles d’Itaiie, que Mazarin entendrait parfaitement.

QuerelleAe Passons à présent aux intrigues de la Cour, pour développer commentcínqMrs Richelieu que nous venons de voir au plus haut point de grandeur, fe vit7 imi tCar ' en l<5 ^ 2 iur k 011 ^ à précipice, & crut même pour fa fureté devoir s’é-iTcìrawi* soigner de son Maître. La principale source des querelles entre MonsieurEcuyer le Grand & son Maître, c’étoit la passion que le premier avoit pour Ma-cherche à rion dc Lorme, fille célébré par íù beauté, mais dont la réputation & laperdre. naissance n’étoient que fort communes (/). Tant que Cinqmars ne futoccupé que de lés plaisirs, il persista dans son attachement pour le Mini-stre, & rejetta même quelques propositions du Comte de Boissons, commecontraires à la reconnoiiîance qu’il devoit à Fauteur & à l’appui de fa fortune.E'ant devenu amoureux de Marie de Gonzague Princesse dc Nevers (g);T ambition s’empara de lui, parcequ’elle lui déclara qu’elle ne le prendroit,point á moins qu’il ne fût Duc & Pair ; il n’en fallut pus davantage pour luitourner la tête. II s’ouvric des grandes vues qu’il avoit au Cardinal ; ceMinistre le traita avec tant de hauteur, lui rappela si vivement qu’ìí n etoicqu’un simple Gentilhomme , que c’étoit lui qui avoit tiré fa famille de

(a) Vitterìo Siri Mercur. T. I. L. I. ».

2ZI.

(b) Recueil de Piecés concernant l’Hist.de Louis XI!!. ubisup p 395

sc) Hilt. de Richelieu T. II. p. 5or.Griffet fous i’an 1641.

{d) U fajjtr T. X. P. I. p. 4Ó5. Hist.

de Richelieu ubi sup.

(e) Hist. du Ministère du Card. Maza-rin P I. p aS, 2/

if) Griffet 1. c, Hist. de Richelieu i. c«P -148.

(g) Les mêmes.