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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. S59

í’obscurité &c. que le jeune homme résolut de faire servir la perte de Sectionson bienfaiteur de fondement à la grandeur qu’il ambitionnait (a). II xu.y avait déja eu quelques autres brouilleries entre eux. Le Favori avoit Su fa dufait chasser un valet de chambre du Roi, qui étoit dans les intérêts d u LoutsxmCardinal ; & celui-ci de son côté avoit engagé le Roi à ne point faire jusqu’à sa 'entrer Monsieur le Grand au Conseil, où il l’avoit admis une fois. Mais mort.ces playes auraient pu se guérir ; , au lieu qu’après la réprimandé dont ■nous avons parlé, ils observaient à peine les réglés de la civilité entreeux. Cinqmars ne voulait pas dissimuler son ressentiment, & quand ilen aurait eu la volonté, il manquait de la prudence nécessaire.

Aussitôt qu’on s’apperçut de cette mésintelligence, & quelle ne dé- Jt r e limplaisait nullement au Roi , tous les ennemis du Cardinal devinrent les avec lespartisans de Monsieur le Grand, & si celui - ci eût été un homme de tête , il au- Ducs no-roît vraisemblablement réussi dans ses projets ; mais jamais il n’auroit pu léans & deporter les choses aussi loin qu’il fit, fans deux amis, qui étaient plus Souuion ‘habiles que lui, savoir M M. de Thou & de Fontrailles. Le premierétoit fils du célébré Historien Jaques-Auguste de Thou ; il avoit de gran-des qualités & étoit savant, desorte qu’il étoit généralement aimé. IIest néanmoins certain qu’il étoit fort intrigant ; qu’il avoit déja une foisménagé des correspondances entre la Reine & la Duchesse de Chevreu-se , & qu’aiant été découvert le Cardinal s’étoit contenté dune exhor-tation à ne plus faire de faute (£). Quant à Fontrailles, il avoit lemalheur d’être bossu, & le Cardinal avec toutes ses grandes qualités, nelaissait pas que des’abaisser quelquefois juíqu’à s’égayer aux dépens de ceGentilhomme ; Fontrailles crut pouvoir lui faire voir que s’il avoit lecorps mal - fait, il avoit la tête bonne. Dans le teins que le Duc deBouillon s’étoit accommodé avec le Roi, Monsieur le Grand lui fitquelques ouvertures, qui avaient été reçues fort froidement ; mais par lemoyen de M. de Thou, ils devinrent amis; ík dans le tems que le Ducse préparait à venir à Paris, à la sollicitation de Cinqmars, il reçut unordre du Cardinal de s’y rendre pour le service du Roi. A son arrivée,on lui dit, que le Roi avoit jçtté les yeux sur lui pour commander sonArmée en Italie ; preuve que le compliment que le Cardinal lui avoit faitétoit assez sincere. M. de Thou engagea ses deux amis à entrer en liaisonavec Monsieur, mais il ne fe trouva à aucune de leurs entrevues. Dansune de ces Conférénces, ils convinrent d’agir tous de concert contre leCardinal, & qu’en cas de besoin, le Duc recevrait Monsieur dans Sedan.

Le Duc d’Orléans proposa de traiter avec l’Espagne, ce que M. de Bouil-lon désapprouva d’abord. II représenta, qu’il savoit par expérience que lesEspagnols étaient toujours prêts à faire des Traités, mais fort tardifs à lesexécuter. Considérant néanmoins, que Sedan ferait fort exposé fi le Ducd’Orléans s’y retirait fans avoir d appui, il consentit à la proposition, &

Fontrailles fut envoyé à Madrid avec un plein-pouvoir de Monsieur, ou desblancs-signés qu’il pouvait remplir comme il le jugerait à propos ; ils con-vinrent aussi, que le Duc de Bouillon accepterait le commandement de

( a ) Les mêmes, (b) Vittorio Sirî Merc. T. II. p. 567.