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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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XII.

Suite durégné deLouisXIII.jusqu’à samort.

Le Cardi-nal engagele Roi à al-ler en Rous-sillon.

HISTOIRE DE FRANCE. Lrv. XXIII.

VArmée. II alla remercier le Cardinal de la confiance que le Roi avoitpour lui; en le congédiant le Cardinal lui dit; Tout le passé est ou-blié; prenez garde de ne plus faire de faute , car une rechute feroitmortelle (a)”.

Richelieu n’avoit pas le moindre soupçon de ces intrigues, mais commeil savoir que Cinqmars étoit devenu son ennemi, & qu’il ne laissoit pasd’être également en faveur auprès du Roi, il résolut de faire aller le Roien Rouíîìllon pour faire lé siégé de Perpignan ; il avoit préparé pourcette expédition une puissante Armée , sous les ordres des Maréchauxde la Meilleraye & de Schomberg. On dit que le Roi avoit beaucoupde répugnance pour ce voyage , & que ses Médecins le lui déconscil-loient ; en ce cas-là il faut que le Cardinal eût encore bien du pouvoirfur son esprit, & pas moins fur les Médecins, puifqu’il engagea ce Prin-ce à faire le voyage, & les Médecins à l’approuver (b). II projettoit aussi,d’obliger la Reine & le Duc d’Orléans à suivre le Roi, & de mettre lesdeux jeunes Princes dans le Château de Vincennes, dont Chavìgni étoitGouverneur. Quelques Historiens ont fait de cela un grand crime auCardinal , comme aiant eu dessein de fe rendre maître de toute la Fa-mille Royale. Nous verrons dans la fuite , que s’il avoit des soupçonscontre la Reine, ils étoient fondés , bien qu’elle obtint d i Roi par seslarmes de rester avec ses en fans à Saint Germain (c). Le Duc d’Orléansfut dispensé du voyage parcequ’il avoit ou feignit d’avoir la goûte. LeRoi partit de Paris au commencement de Fevrier. Dans tous les autresvoyages le Cardinal avoit évité de prendre les mêmes quartiers que leRoi, à cause de Fincommodité que cela causoit à l’un & à l’autre; maisà celui-ci, il appréhendoit tellement le crédit de Cinqmars, qu’il fit lesmêmes journées que le Roi. Cette précaution pensa être fatale à Riche-lieu ; car Monsieur le Grand, entre autres projets qu’il avoit formés pourfe défaire de lui, avoit eu la pensée de le tuer de fa propre main, & ill’auroit fait à Briare, si Monsieur n’eut été absent, & qu’il croioit sa pré-sence nécessaire pour le soutenir. En chemin fesant, le Roi donna lui-même à Valence le chapeau de Cardinal à Mazarin (d ), & il se rendit àNarbonne le 21 de Mars. Richelieu y tomba íì malade, qu’il ne put sui-vre le Roi au siégé de Perpignan, qui voulut s’y trouver, puisqu’il avoitpris la peine de venir si loin, & refusa d’avoir la complaisance de resterauprès du Cardinal, dont les Médecins descspéroienr. Les Politiques pen-soient que fa fortune n’étoit pas moins désespérée que fa santé ; ils savoientque Cinqmars parloir mal de lui au Roi, & qu’il étoit écouté fur cet arti-cle , quoique fa propre faveur diminuât. Quelques - uns de ses amis s’enapperçurent, & lui conseilleront d’etre plus assidu auprès du Roi, mais illeur fit cette étrange réponse, qu’il ne pouvoit souffrir la mauvaise odeurde l’haleine de ce Prince (e), Lorsqu’ii s’apperçut néanmoins que le Roi

sup-

(a) Hist. 6e Richelieu uhi sup. p. 53a. (d) Hist du Ministère de Mazarin P. T.

(b) L;l même, p. 529. p. 26, 27. Vhtorio Siri Merc. T. 11 . L. I*

(c) Le V’ijsor T. X. P. II. p. 259,270. p- 313.

Hist de Richelieu 1 . c. p. 531. (s) Hist. de Richelieu L c. p. 547.