Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
361
JPEG-Download
 

HISTOIRE DÈ FRANCE. Liv. XXIII. z6r

suppôrtoit son absence sans inquiétude, il demeuroic une heure ou deux Sacrra»seul dans l’Antichambre, quand le Roi écoic couché, & sortoit alors comme xii.s’il venoit d’auprès de lui, ainsi qu’il avoir coutume dans le rems de fa plus Smte fagrande faveur/ . L'- M,

Parlons à présent des opération s de la guerre en Rouffillon, le grand ob- jufqu’à fajet de cette campagne. Nous avons exposé les raisons politiques du Car* mort.

dinal pour éloigner si fort le Roi de fa Capitale ; mais il avoir pour maxime ---

-de ne point employer de prétextes, qui ne pussent en même teins paroitre 9”/?^/-les véritables motifs des actions, qu’il vouloit colorer. Le projet de cette ^expédition étoit si bien concerté, qu’il obligea le Comte-Duc son rival, dechanger malgré lui de système, c’est-à-dire de laisser mettre le Roi Catho-lique en campagne, & en renonçant à tout autre soin, de se servir detoutes les forces de la Monarchie pour sauver Perpignan (a). Le Maré-chal de Brezé, Viceroi de Catalogne, & le Maréchal de la Mothe-Hou-dancourt qui y commandoit, donnerent bien de l’embarras aux Espagnols,dont les Troupes dévoient traverser la Catalogne pour se rendre dans leRouffillon. Le Maréchal de la Mothe en particulier tua ou fit prisonniersle 31 de Mars, trois mille cinq-cens chevaux, commandés par Don Pedred’Arragon, qui fut obligé de se rendre prisonnier (b). Le Maréchal de laMeillei aye à l’ouverture de la campagne, jugea qu’il étoit absolument né-cessaire de se rendre maître de Collioures, bon port, bien fortifié, & dé-fendu par un Château qui passoit pour imprenable. Le Marquis de Mor-tare y commandoit avec une nombreuse garnison ; & il se défendit auífitrès-vigoureusement. . Ce siégé dura un mois, la Place se rendit enfin aucommencement d’Avril (c). On comptoir que le Château ne pouvoir êtrepris que par famine; on ne laissa pas de travailler à miner le rocher, bienqu’on se promit peu de succès ; aiant fait sauter une mine, on crut d’abordqu’elle n’avoit fait que peu ou point d’effet, & il se trouva qu’elle en avoirfait un fort grand, car bien que les fortifications n’eussent point souffert,elle boucha le puits qui fournissoit l’eau aux assiégés, qui furent obligés decapituler (d). Le Roi étant arrivé au mois de Mai devant Perpignan, fitlui-même le plan des lignes de circonvallation & de contrevallation ; maisétant assuré par le témoignage de plusieurs personnes, qui avoient été dansla Place, qu’il y avoir peu de vivres, ce Prince résolut d’agir lentementpour ménager ses Troupes. C’étoit-là un artifice de Don Flores d’Avila,Gouverneur de Perpignan; sachant le mauvais état des affaires de son Maî-tre, & voulant donner Je plus de tems qu’il leroit possible pour venir à sonsecours, il fit distribuer d’abord les vivres avec beaucoup d’oeconomie,quoiqu’il fût très-bien fourni (c). Pendant tout ce tems là, le Cardinalcontinuoit à être fort mal à Narbonne, & il se trouva en si grand dangerqu’il fit son Testament le 23 de Mai (f), persuadé qu’il ne pouvoir en re-venir. Peu de tems après le Roi tomba dangereusement malade au Camp,

(d) Lâ même.

(í) Nani ubi su p.

(/) Hiít. de Richelieu T. II. p. 548.

Zz

(a) Nani Hist. Venet. L. XII.

(D Hisl. de Richelieu ubisup. p. 535,536 .

(c) La même, p. S37 .

■ 'lomé XXXI.