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Xll.
Suite durégné deLouis XIII.jusqu’à samort.
La défaiteda Maricitai deGrammontallarme fisortie Roi ,qu’ilse ré-concilié a-vec le Car-dinal.
3 <52. HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
enforte que Monsieur le Grand sollicita ouvertement les Troupes de se dé-clarer pour le Duc d’Orléans; m^is les Maréchaux de la Meilleraye & deSchomberg se contentèrent de les exhorter en termes généraux à la fidélité;déserté que l’Armée se trouva divisée en deux Factions, les Royalistes &les Cardinalistes (a). M. de Thou, voulant aller à l'Armée, tâcha d’en-gager le Comte de Brienne Secretaire d’Etat, de demander à la Reine delui donner des blancs-signés, pour qu’il pût écrire en son nom les Lettresqu’il jugeroit à-propos, adressées aux principaux Officiers ; cette Princessel’auroit sait, 11 !e Comte ne l’en avoit fortement dissuadée (b). En allantà l’Armée, De Thou rencontra Fontrailles, qui lui fit un long détail de fanégociation en Espagne, dont il n’avoit aucune connoissance, & ç’auroitété un bonheur pour lui qu’il n’en eût rien appris alors ; car quoiqu’il ladésapprouvât de la façon la plus expresse, la feule connoissance qu’il en eutlui couta depuis la vie. Le Roi étant rétabli, le Cardinal le fie prier devenir à Narbonne ; parcequ’il avoit appris qu’il y avoit eu un Agent Fran-çois en Espagne ; mais Louis étoit alors si indisposé contre son Ministre,qu’il reçut cette sollicitation très-froidement. Mais au bout de quelquesjours il reprit ses premiers sentimens, par des raisons, que nous devonschercher en Flandre.
Comme il étoit impossible d’avoir de grandes Armées par tout, le Roipar l’avis du Cardinal résolut de se tenir uniquement sur la défensive du côtédes Pays*Bas. Dans ce dessein on envoya le Comte de Harcourt avec unepetite Armée pour couvrir la Picardie, pendant qu’il y avoit un autre corpsde Troupes pour le même dessein en Champagne, commandé par le Comtede Guiche, que le Roi fit Maréchal durant son voyage, & qui sot appellele Maréchal de Grammont (c). Don Francisco de Mello qui commandoits Armée Espagnole prit Lens en deux jours ; il assiégea ensuite la Bassée,qui se rendit au bout de vingt- six jours. Les deux Armées Françoises s’é-toient jointes pour arrêter les conquêtes des ennemis; mais ceux-ci aiantpartagé la leur en deux Corps,les François furent obligés d’en faire autant;le Comte de Harcourt alla camper près de Hedin, à le Maréchal de Gram-mont à Honnecourt; il s’y retrancha, aiant l’Escaut à dos, un bois qu’ilcroioit imprenable à droite, & une ravine qui s’écendoit jusqu’à la riviereà gauche (d). M. de Puysegur, Officier expérimenté, lui conseilla depasser l’Efcaut, & le Comte de Rantzau lui donna encore le même conseil ;mais il croioit pouvoir couvrir le Pays & que les Espagnols n’auroient pasle courage de l’attaquer (e). II se trompa; Don Francisco de Mello pritsi bien ses mesures, que le 2 6 de Mai, il l’attaqua de tous côtés. Le Ma-réchal de Grammont défendit ses lignes très-courageufement, mais les en-nemis s’étanc rendus maîtres du bois, les François tournèrent le dos. Laperte fut considérable, il y eut quinze-cens hommes de tués & deux milleprisonniers, & les Espagnols prirent tout le bagage avec le canon, & centmille écus en argent ). Ce fut la faute des Espagnols s’ils ne ruinèrent
(d) Lâ-même.
(b) M m de Brienne T. II. p. 145,145.(;) Mem de Puyseçur p. 230.
(jjj Le Vajsor T. X. P. II. p. 357, 353.
(ej Mem. deFuyseçur, p. 232.
If) Le Vajsor ubi sup. p. 361 , 3 < 5 2 >Hist. de Richelieu 1. c, Heiuuìt p. m. 6 ^ 9 »