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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIIÎ, 3 c 3

pas toute l’Armée Françoise. Le Maréchal de Grammont desefp eré de sa Sichchdéfaite , s’arrêta assez longtems dans l’Abbaye de Honnecourt, à dessein .^ T -de se laisser prendre prisonnier. La nouvelle de cette disgrâce e ngagea le ™Roi à écrire un billet fort obligeant au Cardinal, rassurant qu’ il l’aimoit Louis xjiiplus que jamais, & le priant de donner les ordres nécessaires pour réparer Mq.u’àj ace malheur, qui le chagrina extrêmement (a). Plusieurs Historiens François mrí 'ont prétendu que le Maréchal se laissa battre par ordre du Cardinal,comme s’ils croioient que tous les événemens dépendoient de ce Mini-stre. II est certain que le Maréchal avoit épousé sa parente & étoit fortbien avec lui ; il est vrai encore qu’au lieu de le blâmer , Richelieu luiécrivit une Lettre pour le consoler (/;). Mais ceux qui avancent ce faitdevroient dire auíïi, que le Cardinal avoit du pouvoir fur les Espagnols,puisque tandis que rien ne les empêchoit d’aller tout droit à Paris , ilsprofitèrent peu ou point de leur victoire.

Dans le tems que le Roi étoit allarmé de la défaite de Honnecourt, Fon- Cinqmarstrailles arriva au camp devant Perpignan, pour presser Cinqmars de penser & àà se mettre en fureté. Le Grand Ecuyer avoit fait prier Monsieur de se ^ Kou /->,«retirer à Sedan; mais ils avoient eu l’imprudence de ne point demander arrêtes 'au Duc de Bouillon les ordres néceílàires pour y être reçus. Monsieur en-voya le Comte d’Aubijoux en Italie pour les avoir, & M. de Bouillon leslui donna. Fontrailles, qui voyoit les conséquences de ces délais, pritcongé du Grand Ecuyer, & on prétend qu’il lui dit en le quittant, „Mon-„ sieur vous qui êtes grand & bienfait, vous ne ferez pas trop raccourci„ quand on vous aura coupé la tête ; mais moi qui fuis petit & bossu, je„ serois étrangement défiguré, si je venois à perdre la mienne. Ainsi„ vous trouverez bon que je la conserve (c) Ce fait n’a gueres de vrai-semblance , & on prétend que Fontrailles lui-même l’a démenti (d). Ce qu’ily a de certain, c’est que Fontrailles se retira en Angleterre. Dans le mêmetems le Cardinal avoit reçu, on ne fait par qui, une copie du Traité con-clu à Madrid, le 13 de Mars, par lequel le Roi Catholique promettoit defournir à Monsieur douze mille Fantassins, cinq mille chevaux , une grossesomme d’argent, & de donner des pensions considérables au Duc de Bouil-lon & à Monsieur le Grand (e). Le Roi, fous prétexte qu’il avoit la fiè-vre alla à Narbonne, où M. de Thou fut arrêté le 13 de Juin ; Cinqmars,qui s’étoit caché le fut le lendemain ,& le 23 du même mois le Due de Bouil-lon , qui chercha à s'échaper eut le même fort à Casai (/). Le Cardinal,qui s’étoit embarqué à Agde, pour se retirer en cas de beiòin en Italie, setrouvoit alors à Taraícon ; le Roi s’y rendit pour le visiter, & comme ilsétoient tous deux malades, leurs lits furent placés dans la même chambre.

Le Cardinal se plaignit amèrement de ce que le Roi l’avoit abandonné lors-qu’il étoit mourant, le Roi pleura & lui raconta tout ce qui s’étoit passé,qui étoit beaucoup, puisqu’on dit que son Favori lui avoit proposé une fois

00 Hiít. de Richelieu 1 . c. p. 55O.

(b) Le VaJJor ubi íup. p. 3C0, 3<5r.

(c) Le même p. 565.

(d) Là-iiìême.

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(e) Mem. de Me. de Motteville T. I.Nani L. XII.

(/) Mem. de Montresor, Mem. dsMotteville ubisup. p. 92.