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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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3<4 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.'

Section de tuer le Cardinal Richelieu après avoir obtenu de Louis plein-pouvoir, XIl> d’agir comme il le jugeroit à-propos, fans le consulter, luiconseilla de con-

regne de ûnuerfon voyage pour Paris, & fe chargea de faire tout ce qui ne conve-

LouifXHI.noit pas à un Roi (a),

jusqu’à sa Quant à Monsieur, il se conduisit comme il avoit toujours fait; il alla fe

mort. cacher en Auvergne, pour ne pas être artêté, & envoya f Abbé de la Ri-ffff viere pour négocier, & en même tems écrivit au Cardinal & à M. deChavi-confesse g™ en suppliant, avouant fa faute & demandant pardon, mais en termes gé-trmt, 6 P ne'raux; preuve que c'étoit la frayeur seule qui le fefoit agir, & non qu’ilMM S”?’ repentit, ainsi qu’il vouloìt le faire croire ; mais on ne le quitta pas à siThou sont k° n tnarché. Au contraire, quoiqu’il eût brûlé l’Original du Traité,il fitcondamnés une ample confeíîion de ce qu’il contenoit, & de tout ce qui l’avoit pré-£? décapi- cédé & suivi (/-). Pendant que le Cardinal étoit à Tarafcon, on apprità la mort de la Reine-Mere, & il lui fit faire un service magnifique (c). Latendresse du Roi pour sa mere se réveilla à cette occasion, & il ne puts’empêcher de témoigner de la douleur d'avoir été fauteur de la misere decelle qui lui avoit donné la vie. Le Cardinal alla de Tarafcon à Lyon, &aiant fait venir le Chancelier, il le mit à la tête des Commissaires nomméspour instruire le procès de M M. de Cinqmars & de Thou. Ils nièrenttous deux absolument le Traité , & comme on ne pouvoit le produire, nien prouver l’existence par des témoins, les Commissaires ne favoientquelparti prendre, car Monsieur déclara qu’il s’enfuiroit plutôt jufqu’au bout duMonde, que d’être confronté avec ses amis. Laubardemont, un des Com-missaires , tira ses confrères d’embarras, il persuada au Grand Ecuyer queM. de Thou avoit tout avoué, deforte que Cinqmars fit une Confessionqui les perdit tous deux (d). Pendant qu’on fefoit leur procès, on reçutla nouvelle si longtems attendue de la reddition de Perpignan, au bout deplus de trois mois de siégé; la France gagna par là une Place de grandeimportance, bien garnie de munitions de guerre, y ayant dequoi armervingt mille hommes (e). Le 13 de Septembre MM, de Cinqmars & deThou furent décapités (f) jl’un & f autre fort regrettés, fur tout le der-nier. Us moururent tous deux avec beaucoup de constance & de pieté,& en détestant leur ambition » qui si elle n’avoit pas été fatale pour eux,l’auroit été pour l’Etat, de l’aveu même de ceux qui à d autres égardsn’auroient pas eu d’éloignement pour leurs desseins.

.£•« Duc de Le jour que ces deux infortunés furent exécutés, le Cardinal partit det(dTslda L y° n > & à la premiere couchée, il écrivit au Roi une Lettre qui commen-ei n ' çoit par ces mots. Sire vos armes font dans Perpignan b vos ennemis fontmorts (g). Toute fa conduite étoit assortie à ce langage si fier. II étoitíi malade qu’il ne pouvoit se lever. II fit faire une eípece de Litieremagnifique, dans laquelle étoit son lit, avec une petite table & une

(а) Menu de Motteville I. c. Mem. de Vaffor ubi fup.

Montresor p. i6i. (s) ffist. de Richelieu í. c. p. 563.

(б) Les Historiens cités en général. ^/) Mem. de lìrienne k c. p. 147. Mers»

(c) Mem. de Erienne T. II. p. 149. Hist. de Motteville ubi sup. p. 95,

de Richelieu T. II. p. §;L. (g) Griffa 1 . c. Hist. de 'Richelieu ubi

(d) Me», de Motteville T. I p. 94. Lt Jup. p. 565,