HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 3#chaise pour une personne qui s’entretenoit avec lui. Cette Litiere étoit Section;portée par dishuit hommes; le Cardinal avoit résolu de choisir des Paysans xu.pour cela , mais ses Gardes s’offrirent de lui rendre cet office (a). II allaainsi comme en triomphe à petites journées à Paris, entrant dans les villes LouisXiir,& dans les maisons où il devoit loger par la breche, affectant d’imiter jusqu’à saAlexandre, qui fut porté ainsi à Babylone , comme il l’avoic imité en fe* mort.
sant faire la digue de la Rochelle. Par son avis, le Roi accepta ía Princi---
pauté de Sedan & accorda fa grâce au Duc de Bouillon, qui avoit été trans-féré d’Italie au Château de Pierre-Encise (b). L’intérêt fit agir le Roi, &le Cardinal agit par égard pour le Prince d’Orange, qui dans le teins quele Cardinal étoit menacé de disgrâce, déclara franchement à M. d’Estra-des, Ambassadeur de France, qu’il avoit écouté des propositions de paixavec l’Espagne, dans la pensée que si le Ministre étoit éloigné des affaires,on ne pourroit déformais faire aucun fond fur la France, & le Prince prial'Ambassadeur d’en informer le Roi. Richelieu fut lui - même si frappé dece service, qu’au milieu de sa grandeur, il ne savoit comment exprimer lareconnoissance qu’il en avoit (c). Le Duc de Bouillon fit un cession pure& simple de Sedan, dont Mazarin prit possession le 29 de Septembre; aprèscela on mit le Duc en liberté, & on lui accorda des Lettres d’abolition.
On lui fit espérer un équivalent pour Sedan, mais il ne l’eut qu’en 1651 ,quepar un Traité d’échange on lui donna les Duchés d’Albret & de Château-Thierri, avec les Comtés d’Auvergne & d’Evreux &c. il se réserva aussises droits, fur le Duché de Bouillon, dont fa Famille a été mise depuis enpossession (d).
Au mois d'Octobre , le Cardinal fit une espece d’entrée triomphante Dernieredans Paris, quoique toujours dans un état de langueur & d’infirmité. Le maladie 6frepos sembla lui donner du soulagement ; il reprit donc les affaires, & sesdélassemens ordinaires, en forte que plusieurs de ceux qui lui étoient le plusattachés fe flatoient extrêmement. II souhaitoit de regler les opérations * ^de la campagne prochaine en présence du Roi, mais il ne vouloir point al-ler à Saint - Germain où le Roi se trouvoit, parceque c’étoit, disoit-il, unlieu trop ouvert & peu sûr pour lui; il propoíà donc au Roi un autre lieu,
& demanda , que ses propres Gardes pussent Raccompagner, & qu’ils semêlassent en nombre égal avec ceux du Roi. Louis par égard pour sesservices, ou par foibiesse lui accorda ces demandes (e). Mais ce Monar-que n’ecouta pas avec la même complaisance une autre demande ; le Cardi-nal exigea que le Roi congédiât quatre Capitaines aux Gardes, qu’il nom-ma; bien qu’il ne soupçonnât point leur fidélité pour le Roi, ils lui étoientodieux par leurs liaisons avec le Grand Ecuyer, & parcequ’ils n’avoientjamais recherché fa protection. D’abord le Roi fit difficulté de chasser cesOfficiers ; le Cardinal lui envoya Chavigni pour le presser de les renvoyer ;
Louis dit à Chavigni, que le Cardinal avoit aussi des gens qui lui dépiai-soient ; & sur ce qu’il demanda au Roi qui ils étoient, ce Prince le nomma
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(d) Auìeri Mem. T. II. p. 766. Henauìtp. m. 648. Le Vaffor ubi fup. p. 651.
(e) HiÛ. Je Richelieu ubi Jup. p.ZLs, 5 8 <5.
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00 La-même p. 558, 559.
(b) La même p. 554.
{c) Hií:. deïUchelieu L c. p. 587.