Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
366
JPEG-Download
 

3(55 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section lui-même avec Des Noyers, Secretaire d Etat comme lui. Chavigni aianCXil. rapporté au Cardinal les fentimens du Roi, le Ministre le renvoya avec unSuite du ^ cr j t p ar jequel i! demandoit la démission de ses emplois : Louis la lui refusa ;Louísxill.& consentit par.force à éloigner les quatre Officiers; mais il leur fit direjusqu’à sa ' qu’il conserverait toujours pour eux la même bienveillance , & qu'en temsmort. A lieu il leur en donnerait des marques (a). Ce fut - là la derniere & peut-être la plus éclatante preuve de l’autorité du Cardinal, car vers la fin deNovembre son mal devint désespéré. II avoit été pendant plusieurs annéesincommodé des hémorroïdes, dont il avoit beaucoup souffert, jusqu’à cequ’un Médecin les lui arrêta. L’humeur acre qui étoit dans son sang sejetta sur le bras, mais l’aiant guéri, Thumeur forma deux abcès au dessusdes poumons, dont il mourut le 4 de Decembre, dans la cinquante-hui-tieme année de son âge & la dix-huitième de son Ministère. II supportason mal avec une patience admirable, & envisagea la mort avec une con-stance & une tranquillité étonnante. Le Roi le visita deux fois, ARichelieu l’assura qu’il n’avoit rien fait que pour la gloire de fa Majesté& pour le bien du Royaume; il lui donna plusieurs conseils importuns,& lui recommanda ses parens & ses serviteurs (b).

Ci qui st Nous avons été obligés de renvoyer jufqu’à la fin de Tannée une

passa en AI- partie des opérations de la campagne , qui font trop importantes néan*lemagne ,m mo - ms p 0ur les passer fous silence. Le 17 de Janvier, le Comte deTJrràine Guebriant força les Généraux de TEmpereur Lamboi & Merci dans leursen Roussit retranchemens à Kempen, deux mille hommes demeureront fur le champloti ê? de bataille, on fit cinq mille prisonniers, tout le bagage & le Canon restaCatalogne, au vainqueur & ce qui rendit la victoire complette, c’est que les deuxGénéraux ennemis furent pris; aussi cette belle action valut-elle au Com-te le bâton de Maréchal de France. Pendant le reste de la campagne ,il se rendit maître de TElectorat de Cologne & fit une puissante diver-sion en faveur des Suédois. Ceux-ci fous le commandement de LéonardTorstenson défirent les Impériaux en deux batailles, & prirent le Châteaude Leipsig (c). Les choses n’allerent pas si bien en Lorraine, où M. duHallier fut obligé de lever le siégé de la Motte avec perte de son bagage( r/). Du côté de Piémont, le» Princes de Savoye firent au mois de Juinun Traité avec la France & avec la Duchesse leur belle sœur, par lequelils abandonnèrent les Espagnols. Le Prince Thomas fut déclaré Généraldes Troupes de France en Italie & prit Nice, Verrue & Tortone, avantla fin de Tannée. En Roussi lion, après la prise de Perpignan, les Maré-chaux de Schomberg & de Meilleraye se rendirent maîtres de Salces;mais la plus belle action de toute Tannée fut celle du Maréchal de la Mo-the-Houdancourt, qui le 7 d’Octobre (e) remporta une victoire fur leMarquis de Leganez à Lérida, quoique les Espagnols eussent le double demonde. Cela mit le comble aux disgrâces de ce malheureux Général ; A

(a) La même p. 587,588. Griffet ubL sup. (c) Puff endors L. XIV. Le Va (Ter , Gris'(L) Mem. de Brienne ubi sup. p. 151. set & a!. M

de Motteville T.l. p. 112. Henauit, (d) Mem. de Beauvau p 70Hist. de Richelieu 1 . c. p. 591 & suiv. (e) Henauit & al.