1643 -
HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 367
donna lieu à la disgrâce du Comte-Duc Olivarez, que l’on peut regarder Ssctioîtcomme un nouvel avantage pour la France; car il est très-apparent, qu’il xn.auroit repris le dessus, après la mort de son rival Richelieu, s’il n’avoit .perdu son autorité. _ LouisXiir.
L’année 1643 offrit une nouvelle scene, & ceux qui avoient été si long- jusqu'à sa *tems fatigués par le procédé dur du Cardinal de Richelieu, se promirent mort 'plus de liberté & de douceur fous le Gouvernement de Louis XIII. Quel- ' ~~ 7 ~ques-uns assurent, que le Roi lui - même le pen soit aussi, & qu’il déclaraqu’il ne vouloir plus de Gouverneur, & que pour le peu de tems qui lui gis lts
restoit à vivre, ce qu’il envifageoit fans trouble & fans frayeur, il vouloir Exilés rap-
fe conduire par lui - même. Mais d’autres prétendent avec plus de vérité, V ellés -que durant le reste de ce régné, la Cour demeura aussi soumise aux volon-tés du Cardinal de Richelieu, qu’elle l’avoit été durant sa vie. II se peutfort bien néanmoins que le Roi ait fait de pareilles déclarations , & ce quisembla les confirmer, c’eíl que ceux qui étoient prisonniers à la Bastille,tels que les Maréchaux de Vitri & de Bassompiere, le Comte de Cramai!
& plusieurs autres furent élargis (a), & que les Exilés, tels que le Duc deVendôme, son fils le Duc de Beaufort , avec d’autres furent rappelles.
Tout cela ne peut cependant contrebalancer la déclaration du Roi auxCours Souveraines, & aux Ministres Etrangers, qu’il n’y avoit rien dechangé dans la conduite des affaires. Aussi dès le jour même de la mortdu Cardinal de Richelieu, le Roi fit entrer dans son Conseil le CardinalMazarin , les autres Ministres furent continués dans leurs fonctions, &
Louis fit exécuter ponctuellement le Testament de Richelieu (b). Ce Prin-ce avoit rendu un Edit par lequel, en déclarant que Monsieur ne pour-roit jamais avoir la Régence, il le privoit en même tems de son Gouver-nement & supprimoit ses Compagnies de Gendarmes & de Chevaux legers,mais après la mort du Cardinal Monsieur eut permission de revenir à laCour, où il ne fut que froidement accueilli (c). La guerre fe fit avec vi-gueur en Catalogue; le Maréchal de la Mothe-Houdancourt obligea lesEspagnols de lever le siégé de Flex, & peu après celui de Mirabel (d). Le29 de Mars, le Prince de Monaco fit hommage au Roi pour Je Duché deValt-ntìnois, & ce Monarque l’assura qu’il étoit dans le dessein de soutenirses Alliés d’Italie (f). Peu après il donna le bâton de Maréchal à M. duHallier, qu’on appella le Maréchal de l'Hopital.
II y avoit près de quatre ans que le Roi étoit attaqué de beaucoup d’in* Etat du Roifirmitës, quelques-uns croient que les fréquens voyages qu’il fit, & où il U de la
se fatigua plus que fa constitution foible & délicate ne le comportoit , Cour a $ rès
contribuèrent à les augmenter. II s’appercevoit plus que personne que sa o.-Trjfsanté s’affoiblissoit, desorte qu’ìl pensa sérieusement à régler la Régence ' C **pendant la minorité de son fils. II y avoit deux Partis à la Cour, celui
de la Reine & celui de Monsieur; le Roi n’aimoit ni l’un ni l’autre, mais
ìl ne haïssoit pas la Reine; d’aiileurs l’expérience du passé lui avoit appris
fa j Mem. de Brienne l. c. p. rSl. Mem.de MotteviDe ubi fup. p. 114.
(b) Mem. de Zrieur.e ubi fup. p. 153.
(cj Henault p. m. 652, 653,
00 Daniel Journ. Hiíì. p. w. 70.(cj Nani L. Xli-