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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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z68 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section que l’Etat ne pouvoir être en de plus mauvaises mains que dans celles deXII. Monsieur. Le P. Sirmond son Confesseur, oubliant ce qui étoit arrivéS ( U ie au ^ Caussin son confrère , lui proposa d’associer Monsieur à la Régen-LouisXiil.ce , ce qui fut cause que le Roi le renvoya (a). Le Prince, qui pendantjusqu’à sa la vie du Cardinal avoir témoigné quelque dégoût pour M. de Chavigni,mort. prit tant de confiance en lui après la mort de ce Ministre, que M. des' Noyers demanda fa démission de fa charge de Secretaire d’Ecat, présu-

mant que Louis le refuserait, & qu’il lui donneroit plus de part à fa confian-ce; mais il se trompa, ik on lui permit de se retirer (Z>). Le Roi sicexercer sa charge par commission à M. le Tellier Intendant de s Arméed’Italie, fort connu du Cardinal Mazarin, qui le trouva si utile, qu’il nevoulut jamais s’en défaire. Le Comte de Etienne se défit de sa chargepar un autre motif ; il étoit attaché à la Reine, & volant qu’il ne pouvoiralors la servir efficacement, il crut ne pouvoir lui donner de plus grandemarque de son zele, que de se réserver pour le tems de la Régence. La Reineavoir mis fa principale confiance dans Potier Evêque de Beauvais ; le Ducde Beaufort s’attacha à elle ; le Duc de la Rochefoucault lui assura le Ducd’Anguien, fils du Prince de Condé. Chavigni voiant que le Roi avoirpris son parti à l’égard de Monsieur se tourna du côté de la Reine. L’E-vêque de Beauvais, pour donner une preuve de fa capacité, accepta lesoffres que Mazarin lui fit faire de rendre ses services à la Reine, & M. deEtienne fit au delà de ce que les Courtisans ont coutume de faire, il dit àce Prélat, qu’il souhaitoit qu’il n’eût pas sujet de s’en repentir. La Reine,sur la parole du Nonce du Pape accepta les offres de Mazarin, & ce futlà ce qui fit entrer ce Cardinal dans le Ministère, où il fit une si grandefigure fous le régné suivant (c).

Déclaration Enfin, après mûre délibération, le Roi publia le 19 d’Avril la déclara»du Roi pour tien pour la Régence', qui avoir été minutée par Chavigni & mise en for-ts Régence ra e par le Chancelier. Par cette Déclaration la Reine eut feule la Régencemort^ & la garde de íès enfan?. L’Edit contre Monsieur fut révoqué, & le Roir ' le nomma chef des Conseils fous la Régente, & Lieutenant - Général danstoute l’éteudue du Royaume; en l’absence de Monsieur, le Prince de Con-dé devoir occuper sa place; & au défaut de l’un & de l’autre le CardinalMazarin (d) ; Bouthiliier surintendant des Finances & Chavigni son silsdévoient être du Conseil, où toutes les affaires passeroient à la pluralitédes voix. La Reine eut la disposition des charges qui viendroient à va-quer à la réserve de celles de Secretaires d’Ëtat, qui ne pourroient êtreremplies que de l’avis du Conseil. Le Cardinal Mazarin eut la nomina-tion des Bénéfices. Cette- déclaration aiant été lue, la Reine & le Ducd’Orléans firent serment de s’y conformer, & le lendemain elle fut en-registrée au Parlement, circonstance qui sembioit la rendre plus authenti-que, mais qui ne signifioit rien en effet. Pour contenter entieremen.t sonfrere, le Roi consentit à son mariage avec la Princesse Marguerite de Lor-raine,

(a) Hentiult ubi sup.

(V) Mein. de Brienne 1 . c. p. 165.

Ce) Le même, p. 167, â00 Le même, p. 170.