374 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section La Reine & son Ministre étoìent obligés à de grandes complaisancesXIII. pour le Duc d’Orléans & pour le Prince de Condé ; A les choses alloientRégné de â'autant mieux , que le peu de sincérité de part & d’autre , les enga-íf/s«’á/a §E0Ìt à se conduire avec d’autant- plus de circonspection. Le Duc té-Pdx ‘des moigna souhaiter d’avoir le commandement d’une Armée, & on ne put le luiPyrénées, refuser. I! fut réglé qu’il commanderoit dans les Pays-Bas, parcequ’il y avoit le
-—— plus d’eípérance qu’il agiroit avec succès. La difficulté de rétablir les
tíov^T^a a ^ res en Allemagne, bien loin d’effrayer le Duc d’Enguien, l’engageaguerre en a accepter le commandement dans ce Pays-là , aiant fous lui les Maré-AUemagne chaux de Grammont & de Turenne. Les Plénipotentiaires en passantÛ en Italie, la Hollande, conclurent un nouveau Traité avec les Etats Généraux,il5 Ffi auxquels ils donnerent le titre de Hauts W piùffáns Seigneurs («) ; lePrince d’Orange promit d’agir de concert avec Monsieur, auquel if con-seilla d’attaquer Dunquerque & Gravelines. On renouvella aussi le Traitéd’alliance avec le Portugal, & on accorda un subside à Ragotski, quifit une irruption en Hongrie, & par là une diversion fort nécessaire enfaveur des Suédois. Le Général Merci, qui commandoit l’Armée Ba-varoise avoit pris Fribourg, avant que les François fussent en état deparoitre en campagne , au moins avec une Armée capable de lui fairetète. A la fin, le Duc d’Enguien aiant rassemblé environ vingt-six millehommes marcha au Général Merci , qui étoit campé fort avantageuse-ment pour couvrir fa nouvelle conquête. II attaqua ses retranchemensle 3 d’Août , & les força avec beaucoup de peine d'un côté. Mercidécampé alors, va se poster fur une montagne & s’y retranche aussifortement qu’il l’avoit été; le Duc l’attaque le 5 , mais fans pouvoir leforcer ; mais le 9 Merci quitta son poste, laissant six pieces de Canonavec une partie de son bagage, & fit une belle & glorieuse retraite (b).
' Le Duc d’Enguien, sans s’arrêter à reprendre Fribourg, prit la résolutionde sc rendre maître du Rhin, II alla attaquer Philipsbourg, qui se renditle 9 de Septembre. Cette prise fut suivie de celle de Maience, de Worms& d’Oppenheim, & le Maréchal de Turenne s’empara de toutes les placesle long du Rhin jufqu’à Landau (c). II ne se passa rien de fort importantenltaiíe; le Prince Thomas prit Santia, après un long siégé, & obligeales Espagnols d’abandonner le Château d’Ast, qu’ils avoient surpris (d). LePape Urbain VII!. étant mort la France s’oppofa à l’élevation du CardinalPamphilio ; mais le Cardinal Antoine Barberin, en ce tems-là Protecteur deFrance, aiant été gagné, & l’Ambassadeur de France qui se confioit tropen lui, trompé,Pamphilio fut élevé au Papat & prit le nom d’Innocent X.La Cour de France en fut si piquée, qu’elie ôta au Cardinal Antoine laprotection des affaires de France ; l’Ambassadeur fut rappelle & disgra-cié (<?).
(a) Corps Univ. Diplomatique du Droit p. 69 & fuiv;
des Gens, T. vi. p. 294 Henault.,p. m. (c) Hist. du Trince de Condé, p, 79 83 .
666 . (d) Quinci ubi sup, p. 34, 35.
(b) Quinci Hist. Milit. de Louis XIV. (e) Mein. de Brienne ubi Jùp. p. 228,
T. I- p. 22. irïiít. du l’rince de Condé, 229. Mem. de Motteville X. I. p. 233.