HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 375
Le Maréchal de la Mothe qui commandoit toujours en Catalogne, fut Sectionobligé de lever le sie-ge de Tarragone, pour marcher au secours de Lérida, xin.que le Roi Catholique affiegeoít en personne. Le Maréchal, «quoiqu’avecune Armée inférieure, livra bataille ù l’ennemì le 15 de Mai; & eut le j u squ'à\ J*malheur d’être battu avec perte de deux mille hommes, de son canon & Paix dade son bagage. II ne laissa pas de donner dans cette occasion une grande Pyrénées,preuve de son habileté & de sa présence d’esprit,en fesant entrer un grand T -convoi de vivres dans la Place, pendant le feu de faction;cela 11’empêchapoint Lerida de se rendre après six semaines de siégé ( a). Nonobstant les Mothe estservices qu’il avoit rendus, le Cardinal Mazarin le rappella, le fit arrêter bâànrà Lyon & mettre à Pierre-Eneise, en le chargeant beaucoup. Le Maréchal Lerida.se défendit, en disant que depuis la mort du Cardinal de Richelieu on avoitnégligé de lui envoyer les secours nécessaires, & que dans faction de Le-rida il adroit défait les Espagnols, si fa Cavalerie avoit fait son devoir. JIdit même, que cela ne venoit ni de manque de zele & de courage, maisde certains ordres secrets envoyés par M. le Tellier. Le Cardinal voulutlui faire son procès.(i), mais après avoir trainé à plusieurs tribunaux, leParlement de Grenoble le justifia pleinement quatre ans après, & il sortitde prison, nonobstant tout ce qu’on avoit pu faire contre lui.
Le Duc d’Orléans, aiant fous lui jes Maréchaux de la Meiileraye & de Le DueGaffion, entra en Flandres, & contre f avis du Prince d’Orange investit d ’ 0rlé ^Gravelines, après s’être saisi de plusieurs Forts qui couvroient la Place (c).
Les Etats-Généraux promirent d’envoyer une Flotte pour en faciliter la prise, revient àelle s’avança effectivement fous le commandement du fameux Amiral Tromp ; la Cour.mais il arriva trop tard pour rendre beaucoup de service, & le GouverneurDon Fernand de Solis fut obligé de se rendre le 28 de Juillet, après qua-rante-huit jours de tranchée ouverte (d). Le 7 de Septembre, le Princed’Orange prit le Sas de Gand (<?), Place d’une grande importance, qui esttoujours depuis restée à la République, & qui donne à ses Troupes f entréelibre dans Je Brabant. Le Duc d’Orléans ambidonnoit de la réputation,mais il n’aimoit pas à s’engager en des entreprises difficiles ou périlleuses,desorte qu’il ne se fit plus rien d’important de ce côté - la. 11 ne laissa pasd’être reçu à son retour à la Cour, avec toutes les démonstrations possiblesde respect (/) ; ce qui lui fit grand plaisir.
Les démarches précipitées de la Reine au commencement de fa Régence Commence .donnerent lieu aux brouilleries qui commenceront bientôt à troubler le Ro- ment . des .yaume. Le Conseil d’Etat aiant mis un impôt sur les nouvelles Maisons ^Tdíme 1bâties contre les termes de l’Edit pour fixer f étendue de Paris, cela eau- TentTcu'àfa une sédition parmi le Peuple , dont le Parlement prit le parti. On la guerrepensa d’abord à la réprimer par la force , mais la modération naturelle civiie 'de Mazarin fit changer d’avis,& la Reine, par reconnoissance de l’af-
(d) Hist. de Louis XIV. T. I. p. 44. T. I. p. 19.
(b) Mem de MoutviUe T. II. p. 3 fr, ( e ) Mera. de Frédéric Henri Prince d'O*47> 5<L 3?3 range p. 322. in 410.
(c; Meni. de Puysegur p. 244. (/) Mem, de Bdenne T.. II. p.
Oj Hist, JVíihc, de Louis XIV. ^