S §6 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section ses lignes, mais alors aussi parut Tromp avec la Flotte Hollandoife. OnXlii. ouvrit la tranchée le 24 de Septembre; le siégé fut pousse' avec vigueur,fouisxív â la ville se défendit bien ; mais comme elle n’avoit nulle espérance d’êtrejusqu’à la ' secourue, le Duc engagea le Gouverneur à capituler à des conditions ho-Pays des notables, si dans trois jours il ne recevoit pas de secours. La CapitulationPyrénées. f ut signée le 7 d’Octobre, & l’Armée Espagnole n’aiant point paru, lesFrançois se virent maîtres de cette importante Place (a). Le Duc d’En-guien aìant pourvu à la fureté de Courtrai, mit ses Troupes en quartiersd’hiver, & retourna pour recevoir la récompensé de fes services à la Cour,où fa présence ne fut néanmoins nullement agréable.jl demande Nous avons déja remarqué que la mort du Duc de Brezé fut regardéela Place de comme un événement important,c’est ce qu’il est bon d’expliquer. Le DucSuri hten- d’Enguien aiant épousé la sœur du Duc prétendit avoir évidemment droitJVíer/” ue aux Charges & aux Gouvernemens du défunt ; le service que rendit le Comtela e Relne U d’Oignon consista en ce qu’il mit la Reine & le Ministre en état de voirprend pour comment ils éluderoient la demande du Duc d’fînguien, en fe rendant maî-eile-même. íre ( j e Brouage & des Istes voisines. Le Prince de Condé sollicita vive-ment, le Duc lui-même écrivit du camp de Mardik en termes très-mefurésmais pressans, & ce qu’il y eut de plus extraordinaire, c’est qu’il engageale Duc d’Orléans d’écrire en fa faveur. La Reine fut si embarrassée qu’ellene trouva pas d’autre expédient, que celui de Richelieu, pour éluder la de-mande du Duc, & de fe faire expédier pour elle-même le brevet de la Su-rintendance du Commerce & de la Navigation, Le Parlement fit quelquedifficulté de le vérifier, mais il y consentit, lorsqu’ilfut instruit de la vérita-ble raison. Quand le Duc d’Enguien vit qu’il étoit impossible d’obtenir cequ’il souhaittoit, il parut disposé à accepter un équivalent (Z>), On lui offritles villes qui avoient été détachées de la Lorraine, il les refusa, & proposade lui donner une Armée suffisante pour conquérir la Franche-Comté, qu’ilpossederoit en en fesant hommage à la Couronne de France ; mais la Courn’étoit pas disposée à rétablir l’aneien Duché de Bourgogne, qui avoit au-trefois causé tant de peine à h France , entre les mains des Princes du Sang.Pendant le cours de cette dispute mourut le 26 de Décembre Henri de Bour-bon, Prince de Condé (c), qui avoit de grands défauts & de grandes ver-tus à réunissoit de bonnes & de mauvaises qualités, qui fe rencontrent ra-rement ensemble, il aitnoic la justice & aimoit en même tems l’argent. IInaquit le plus pauvre & mourut le plus riche homme de fa qualité en Eu*rope. Dans )e tems qu’il fe maria il n’avoic pas au delà de cinq-cens livressterling de rente, & lorsqu’il mourut on comptoit qu’il en avoit cin-quante mille. Le Duc d’Eaguien hérita de son pere , avec le.titre dePrince de Condé , ses grands biens , & par la faveur de la Régente ileuc aussi tous fes Gouvernemens & ses charges , deforte qu’il ne futplus question d'équivalent, le caractère généreux du jeune Prince fit qu’ileut honte d’en parler davantage. Armand Prince de Conti son frere, &
(a) Mem.-de IVFotteville T. I. p. 383. 9 5 , 96 .
(b) Hist* à Prince .le Condé d. m 12;. (c) Mem. de Motteville, T. I. p. 3
Mtra. de Ma.t. de iMontpeiisier T. 1. p. 395.