3$S HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section soutint, jusqu’à ce qu’aiant été joint par le Maréchal du Plessis-PraslínGXIII. & par les Troupes du Duc de Modene, ils furent en état d’agir offensive-Regm de ment (g). Vers la fin de l’année le Duc de Guise fit son voyage romanes-Wvi^ía ’ fi ue à Naples, où il fit des choses incroyables ; & il est moralement cer-Pafx dis tain qu’il auroit réussi dans son entreprise, sans la jalousie de Mazarin ; ilFyrenées. envoya à la vérité une Flotte à Naples, qui auroit pu faire tout & qui ne
-fit rien (b). Le Prince de Condé commanda en Catalogne, mais avec une
Armée fort au dessous de fa qualité, & de ce qu’il y avoit à faire, quoi-qu’elle fut composée de bonnes Troupes & d’excellens Officiers (c). LePrince, considérant plus le but pour lequel il étoit venu que les forces qu’ilavoit, renvoya la Flotte qui auroit pu lui rendre de grands services s’iîavoit attaqué quelque Port, & résolut d’assieger Lerida, devant laquellele Maréchal de la Motbe & ie Comte de Harcourt avoient échoué. DonAntonio de Brito, qui avoit si bien soutenu les autres sieges, y commàn-doit encore, & les Espagnols, connoissant simportance de cette Place,lui avoient laissé une garnison de trois mille hommes , bien pourvue detout. Le Prince parut devant la Place vers le milieu de Mai, mais n’ou-vrit la tranchée que le 27, ce qu’il fit suivant la coutume Espagnole, auson des violons, ce qu’on lui a bien reproché dans la fuite. Après avoircontinué quelque tems le siégé, on s’apperçut qu’on avoit formé l’attaquedu plus mauvais côté, & que le meilleur parti étoit de recommencer furnouveaux fraix. Mais en ce tems-là l’Armée Espagnole avança vers Le-rida , dont le Gouverneur n’avoit gueres donné de repos aux Assiegeans.Le Prince se détermina alors sagement à se retirer à tems, & aiant renvo-yé le bagage & l’artilierie, il leva le siégé le vingt-unieme jour aprèsl’ouverture de !a tranchée fans perdre un seul homme ( d). Le reste de lacampagne se passa à empêcher les Espagnols de remporter d’autres avanta-ges, & à prendre une ou deux petites Places fur les frontières d’Arragon;le Maréchal de Grammont, qui commandoit fous le Prince, y -acquit beau-coup d’honneur ; & le Prince lui - même acquit par fa disgrâce devant Le-rida , ce degré de circonspection qui lui manquoit pour être un grand Ca-pitaine.
Campagne Les Espagnols s’étant liés plus étroitement encore avec l’Empereur, ré*de Flandres f 0 ] ure nt de faire de grands efforts en Flandres; dans cette vue ils donne-Maréchai rent I e Gouvernement des Pays-Bas & le commandement de l’Armée àde Gajjion. l’Archiduc Léopold, qui renforcé par quelques Régimens Allemands se• mit en campagne au commencement du mois de Mai. D autre part Ma-zarin fort embarrassé à trouver de l’argent, fut très-content de ce que lesMédecins du Duc d’Orléans lui ordonnèrent daller prendre les eaux deBourbon, & il donna le commandement de l’Armée aux Maréchaux deGaffion & de Rantzau. L’Archiduc assiégea Armentieres , & prit cettePlace malgré la vigoureuse résistance du Gouverneur, après quatorze jours
(«) Abrégé Chron. u bi fup, p. 297. p. 110. De Larrey Hist. de Louis XIV T*
(b) Voy. les Mem. du Duc de Guise. I. p. 101. Hist. du Prince de Coudé p. a*>
(A Mem. de Motteville ubisup. p. 419. 131,
Qlj Limiers Hist. de Louis XiV. T. I»