HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. s g 9
de tranchée ouverte (a). II mit ensuite le Ilege devant Landreci ; Gaíïìon Shctiohvouloit I’attaquer dans ses lignes mais Rantzau s’y opposa ; ils convinrent xiií.alors de faire une diversion, Rantzau attaqua les Forts de la Knoque, de deNieudam & de l’Ecluse, pendant que Gaíïìon alïìegea la Bassée; il pressa jufq-Jà /J"vivement cette Place, parcequ’il favoit que Landreci ne pouvoit tenir Paix desIongtems, & que l’Archiduc lui tomberoit bientôt fur les bras. En deux Pyrénées.
jours il se rendit maître du chemin couvert, & commença à battre en bre--*
che. il se disposa ensuite à donner lassant, & en même tems lit dire auGouverneur, que s’il emportoit la Place l’épée à la main, il feroit mainbasse fur les hommes, les femmes & les enfans. Le Gouverneur demandaquatre heures pour se consulter ; mais le Maréchal mit une bougie devantlui, & dit à l’Officier qui étoit venu lui faire cette proposition, qu’il pou-voit rapporter au Gouverneur, que si dans trois quarts d’heure il ne luiremettoìt une porte il ne devoit attendre aucun quartier, pour lui, ni pourles habitans. La Place'se rendit (£); & à peine Gaíïìon y étoit-il entré,qu’il apprit que Landreci s’étoit rendu la veille, qui étoit le iZ de Juillet,
«St que l’Archiduc s’avançoit au secours de la Bassée. Dans le même temsle Maréchal Rantzau prit Dixmude. Le 24 de Septembre, le Maréchalde Gaíïìon investit Lens, dont il poussa le siégé avec la même ardeur qu’ilavoit fait celui de la Bassée; mais en attaquant le chemin couvert , commeil s’efforçoit d’arracher un pieux, il reçut un coup de mousquet à la tête,dont il mourut le 2 d’Octobre (c ), dans la trente - huitième année de sonâge. II étoit mal avec la Cour quand il mourut, pour avoir jette par ter-re une Lettre impertinente du Cardinal (d), & pour s’être récrié fur lesdépenses inutiles d’un Opéra, dans un tems où plusieurs Places frontièresétoient en mauvais état. La France perdit en fa personne un grand Capi-taine & un homme d’honneur (e). M. de Villequier continua le siégé &força Lens à se rendre le lendemain de la mort du Maréchal. L’Archiducen revanche assiégea & reprit Dixmude, ce qui mit fin à la campagne (/).
Si les événemens de la guerre n’étoient pas heureux, les intrigues dela Cour donnoient plus de peine au Cardinal que jamais. Le Duc de Origine desLongueville avoit aspiré à la charge d’Amiral, dans le même tems que troubles dele Prince de Condé; & n’aiant pu l’obtenir, il avoit demandé un dt- laCou >' Udommagement, qu’il obtint ; car c’étoit la foiblesse du Cardinal, qu’il nerecompensoit pas volontiers les services & qu’il donnoit rarement paramitié, mais fa timidité le fefoit paroitre généreux, lorsqu’il ne l’é-toit point. Le Duc avoit déja le Gouvernement de Normandie, 011 yajouta celui de la ville «St de la citadelle de Caen, & on acheta pourlui une Seigneurie considérable dans le voisinage de fa Principauté deNeufchatel; cependant, lorsque la Cour eut dessein d’aller en Norman-die , le peuple témoigna tant de répugnance pour ce voyage , qu’on y
(n) Mem. de Puyíegur, p. 260. Mem.de Motteville T. I. p. 399 -(&) Ouinci Hist. Milit. de Louis XIV.
T. I. pP 80. Mem. de Motteville T. II. p.
42. I-
(c) Hist. du Marech. de Gaffion T. IV.
p. 211. Mem.de Motteville L c. p. 7<5.
( d ) Mem. de Motteville ubi sup. p. 82.
(e) Henault p. m. 681.
(f) Auberi Hist. du Card, Mazarin T.P- 3?S-
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